Parlons des locales et nous ne serons pas banales!

Il faut des victoires électorales intermédiaires pour faire une victoire électorale générale. C’est ce que j’ai compris de l’histoire politique du Sénégal.

S’il a une chose que Macky a retenu c’est comment Wade a perdu le pouvoir. Je ne cesse de rappeler que si Wade a perdu le pouvoir en 2012 c’est parce que l’opposition d’alors a gagné beaucoup de communes et des villes stratégiques en 2009. Ceci lui a permis d’avoir des leviers pour contenir et exténuer le régime de Wade pendant 3 ans. 2012 n’était que l’assaut final où le combat est arrivé en maturation dans un contexte de tension sociale (cherté de la vie, grèves de syndicats de l’enseignement, etc.). Sans oublier le mobile politique de l’époque : la dévolution monarchique du pouvoir.

En 2019 Macky savait qu’il n’était plus dans le cœur des sénégalais lassés des promesses non tenues et du remake du système de Wade. Seule une victoire technique (modification de la carte électorale, gestion solitaire du fichier électoral, rétention des cartes d’identité et d’électeurs), en gros un big-bang électoral, pouvait lui assurer une victoire au premier tour. Après avoir cassé de l’opposant. Ne nous trompons pas en croyant que lui n’a pas tiré les enseignements des résultats de la présidentielle de 2019. Dans les villes stratégiques, l’opposition réunie lui ferait mal et avec la percée de PASTEF il allait perdre de nombreux départements si les locales étaient tenues à date échue.

Suffisant pour rappeler que le souci majeur de Macky Sall ce n’est ni une troisième candidature encore moins un dauphin politique. Sa principale préoccupation à l’heure actuelle ce sont les élections locales qui constituent l’étape intermédiaire et l’avant première des élections de 2024. Sa meilleure stratégie, il le réussit pour le moment, c’est de projeter l’opinion vers 2024 pour qu’elle ne puisse s’intéresser aux éléments stratégiques devant conduire aux élections locales (carte et fichier électoral, parrainage, modification exceptionnelle des listes, etc.). Faisant de sorte que les acteurs ne puissent avoir aucune lisibilité sur le scrutin à venir. Même la date n’est encore connue si ce n’est lui, son Ministre de l’intérieur, son équipe technique (juristes, analystes de données, communicants) qui savent déjà à quel date se tiendra les élections et quelles en seront les modalités.

Que la polémique sur le 3é mandat et de dauphin politique soit entretenue par ses propres partisans, cela ne vous étonne pas ? Je répète que jamais le contexte socio-économique n’a été aussi propice pour tordre la bras à Macky et le pousser à respecter les sénégalais. Nous ne pourrons le faire que lorsque nous serons conscients des enjeux du moment et engager la bataille dès à présent. L’opposition se cherche une feuille de route, Macky a déjà la sienne.

#FreeGUY

#CitizenLY

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2 commentaires

  1. Terrible confession!

    Dire aujourd’hui que Macky Sall et son equipe sont les SEULS a connaitre la date de la tenue des elections locales, apres avoir contribue au report Illegal de celles-ci, releve d’une absence totale de suite dans les idees.

    Si les erreurs politiques se payent cash, les « heresies » elles, enterrent carrement!

    Il faut vraiment s’accrocher a des ambitions beates pour croire (et laisser croire) que PASTEF aura un seul centimetre de victoire lorsque les locales seront (finalement) tenues.

    On ne s’associe pas a une activite delictuelle lorsqu’on veut etre different d’un delinquent!

    Ce « dialogue politique » fut la enieme preuve que Macky Sall est finalement plus doue (ruse) que toute son opposition reunie.

    En effet, quelques mois avant la Presidentielle de 2019, Macky Sall refusait carrement toute forme de consensus autour du processus.

    Une fois son forfait accompli, il tend la main pour « dialoguer »…Apres avoir rejette les resultats, il fallait continuer dans le sens de lui denier sa legitimite pour au moins mettre une pression et mieux engager un rapport de force.

    Malheureusement, par absence totale de lecture (voire de direction), les abrutis sont alles repondre a son appel juste pour lui donner la couverture necessaire au report des locales.

    Il n’y a jamais eu RIEN a discuter. Il aurait suffit de l’obliger a retourner vers l’ancien code! Il sait qu’il a foutu le bordel, il fallait le laisser nettoyer tout seul car les Senegalais sont encore temoins!!!

    PASTEF apres avoir permi a la « vieille classe » de se retrouver et de reprendre ses forces, ne verra que du FEU lors des prochaines echeances! C’est tellement evident qu’on a pas besoin d’etre un analyste pour le savoir.

    Le coefficient du leader de PASTEF s’applique a lui seul. Pour les locales, ce sera une autre affaire (wait and see!).

    Rabotez alors vos ambitions pour eviter des crises cardiaques inutiles.

    La politique n’est pas un jeu d’enfant. PASTEF est sorti de sa rigueur en flirtant avec le regime. Une victoire se construit dans le long terme, jamais dans des tergiversations au quotidien.

    Bref, nous autres avons choisi de rester dans la logique de ne reconnaitre AUCUNE legitimite a Macky Sall.

    S’il avait l’ambition de bien faire, la premiere decision aurait ete d’etablir le bulletin unique. Mais le malin a d’autres idees derriere la tete. Dommage que ceux sur qui on pouvait compter pour s’opposer intelligemment a lui se sont transformes en « pouvoiristes » et NOMBRILISTES encore pire que Macky Sall.

    1. Tout à fait, cet article est en effet d’une naïveté ahurissante.

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