Mémorandum sur les évènements de mars 2021 au Sénégal : ni terrorisme, ni forces occultes

Le M2D (Mouvement pour la Défense de la Démocratie) a pris acte de la décision du gouvernement de créer une commission d’enquête indépendante sur les crimes commis lors de la répression violente des manifestations du mois de mars 2021 au Sénégal. Néanmoins, il reste sceptique d’autant que c’est ce même gouvernement qui vient de publier un mémorandum qui conclut et désigne, après un long réquisitoire, que le coupable est Ousmane SONKO. Le M2D reste « vigilant sur les modalités de mise en place, la composition et les TDR de cette commission dite indépendante, puisqu’il est constant que, sous nos cieux, de telles commissions ne sont souvent créées que pour ensevelir la vérité et charger des cibles désignées. »

En fin de compte, c’est toute l’opposition et la société civile qui doivent crier au scandale après la publication de ce mémorandum.

Comme souvent depuis le début de cette affaire, la majorité présidentielle à travers son gouvernement et ses alliés du monde des média tentent de ternir l’image de ses adversaires et plus particulièrement celle du Président Ousmane SONKO. La mise en place de cette commission et la publication de ce mémorandum ne viennent que relancer le débat, là où les institutions de la justice et les autorités militaires disposent de tous les instruments et les moyens nécessaires pour mener des enquêtes sérieuses pour le rétablissement de la vérité. C’est une nouvelle fois une dérive solitaire du gouvernement dans la gestion de la crise, irrespectueuse de la volonté annoncée d’apporter les clarifications nécessaires pour surmonter cette crise. Mais aussi, c’est surtout la preuve que le gouvernement n’a pas du tout compris le cri d’appel de sa jeunesse et s’installe de manière irréversible dans ce que l’on peut appeler un naufrage démocratique totalement surréaliste, comme pour donner un coup de force institutionnelle à cette commission d’enquête dite indépendante sur les crimes commis.





C’est scandaleux et cela donne à penser que le gouvernement a quelque chose à cacher, ou à se reprocher dans son incapacité à prévenir et à anticiper les évènements, à gérer la crise, à jouer assez tôt sur les leviers sociaux et religieux avant que la situation ne dégénère et n’entraine des pertes humaines. Des alertes de toutes sortes ont été faites, elles n’ont malheureusement pas trouvé échos auprès de nos dirigeants.

Le mémorandum souligne une série de manquements pendant la crise, mais surtout attribue la totale responsabilité à « Ousmane SONKO et à ses partisans ». Il relate les faits depuis le dépôt de la plainte, jusqu’aux conséquences engendrées par les émeutes en passant par les extraits de Ousmane SONKO lors de ses déclarations de presse avant sa libération du 8 mars 2021 et son placement sous contrôle judiciaire. « Au niveau international A Bordeaux, Marseille, Paris, Rome, Madrid, Barcelone, Ottawa et New York, les Ambassades et Consulats du Sénégal ont rendu compte de manifestations ou de programmation de protestations de militants et sympathisants du parti PASTEF. » dixit le mémorandum.

Le mémorandum finit par établir le bilan détaillé des dégâts et pertes causés par les manifestations populaires et le message in extenso du 8 mars 2021 du président de la république.

A aucun moment, le mémorandum n’évoque la menace terroriste et les forces occultes pourtant présentes de manière insidieuse et récurrente dans tous les discours et publications des membres de la majorité présidentielle et de leurs alliés médiatiques et sur les plateaux de télévision. Pourquoi cette omission du mémorandum sur la crise ? C’est tout simplement parce que nous sommes, depuis le début de la crise, en face d’une mise en scène et un déni conclu par un rapport partiel et partial, plus proche d’un réquisitoire et d’une instrumentalisation politique et politicienne de la part du gouvernement.

La jeunesse sensée avoir été comprise attendait de ce mémorandum qu’il lui dise ce que le Président de la République a vraiment compris de son cri du cœur du mois de mars et qu’il lui propose plusieurs solutions durables sur l’ensemble du territoire et dans tous les secteurs concernés pour éviter de reproduire les erreurs qu’il a notées.

Au final, Jeunesse, continue ton combat démocratique.

Abdou SONKO

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