Macky, de la radicalité jupitérienne au despotisme tortionnaire

Devenu facilement président de la république grâce à un peuple fatigué des pratiques cruelles du régime Wade et sa coalition Sopi, Macky a tout simplement opéré un virage vers un despotisme inimaginable au début.

  • Il a d’abord muselé une partie de la société civile par des offrandes de privilèges ou encore par contraintes;
  • Puis intimidé la presse libre et indépendante après avoir domestiqué une partie ;
  • Ensuite, il a violé toutes les lois électorales qui organisent la désignation des élus ;
  • Et enfin, il a encastré les libertés individuelles.

Des dates repères :

En 2016, Macky et son ministre de l’intérieur annoncent un référendum de réforme constitutionnelle et fixe la date sans consulter l’opposition. Ils n’expliqueront jamais assez le contenu de la réforme et ne feront pas assez de place au débat public sur ce sujet car le délai était court.

Même ceux qui s’y opposaient sont empêchés de battre campagne; il s’agissait de la quasi totalité de la société civile et de l’opposition. Le fichier électoral était inaccessible à l’opposition et la société civile. Ils l’ont obtenu de certains partis membres de la coalition Benno au pouvoir

En 2017, il fabrique un fichier électoral dont il est le seul à savoir le contenu et le nombre. Car plusieurs chiffres seront annoncés par ses proches (ministres et députés). L’opposition n’a reçu le fichier que dans la dernière semaine d’avant élection.

En 2017, il modifie la loi électorale à trois jours de l’élection législative sous prétexte que les listes sont nombreuses et qu’on pouvait prendre 5 bulletins sur 46 et aller à l’isoloir.

En Mars 2018, les opposants sont interdits de marcher et de sit-in en ville pour réclamer leur droit à l’accès au fichier électoral. Des leaders de l’opposition sont arrêtés plusieurs fois pour avoir manifesté pour dénoncer la rétention des cartes d’électeurs.

En 2019, aucun parti politique d’opposition n’a eu accès au fichier électoral révisé. Ils n’avaient ni le droit de regard ni le droit de contrôle comme le stipule bien l’article L46 du code électoral.

En décembre 2019, le siège de Khalifa Sall est saccagés et ses militants sont brutalisés puis emprisonnés durant des mois.

En février 2019, beaucoup de sénégalais sont empêchés de voter pour la simple raison qu’ils n’ont pas reçu leurs cartes d’électeurs. Plus d’un million d’entre eux sont jeunes.

En février 2019, les candidats d’opposition sont brutalisés par une police et une milice de l’APR (marrons du feu) spécialement constituée pour déstabiliser la campagne électorale de l’opposition. Beaucoup de permanences et des sièges de PASTEF sont saccagés : sièges Pastef de Madina Wandifa, Bounkiling, Yoff, fatick, Saint Louis etc. Bref, beaucoup de dégâts et de blessés graves.

En février 2019, Macky et son groupe proclament unilatéralement et prématurément le résultat définitif de l’élection présidentielle en s’octroyant 58% des voix. La commission nationale de recensement des votes donnera le même chiffre avant que la cour suprême confirme le résultat. Le pays est barricadé et les manifestants brutalisés et arrêtés. Certains seront emprisonnés sous recommandations de la France. On peut citer Karim Xrum_Xakk.

En juillet 2019, des membres du mouvement contestataire aarlinubokk sont arrêtés plusieurs fois pour avoir distribué des flyers à Dakar. Ces gens expliquaient aux sénégalais le scandale du pétrole et du gaz pour les sensibiliser.

En Novembre 2019, des activistes sont arrêtés aux portes du palais puis emprisonnés et brutalisés à Rebeuss par des geôliers. Ils manifestaient contre la hausse du prix de l’électricité après plusieurs interdictions.

En janvier 2020, Ousmane SONKO est empêché d’animer une conférence publique à Saint-Louis dans le cadre de ses tournées politiques départementales.

En Janvier 2020, 15 membres du collectif citoyen Nio Lank sont arrêtés pour avoir distribué des flyers en ville.

Désormais, que tout le monde le sache ainsi, la radicalité manifeste est passée à un despotisme déclaré.

Même s’il refuse de l’admettre, ses partisans l’affirment de par leurs déclarations incendiaires et leurs violences verbales et leur extrémisme.

Ansou SAMBOU, panafricain convaincu et militant politique

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