Ligne de défense d’Aiou Sall : Instrumentalisation religieuse avec discours lénifiant (Par Ibrahima Traoré)

Dans cette affaire, une question me taraude l’esprit: ceux qui sont censés défendent Aliou Sall font ils exprès de l’enfoncer davantage ou le desservent-ils juste par maladresse ? La question vaut son pesant d’or.

J’ai comme l’impression que son propre camp en voulant ou faisant semblant (Allahou ahlem diront les plus prudents) de le défendre est en train de l’assommer.

Et s’ils étaient enfin en train d’appliquer leur promesse électorale: la patrie avant le parti. Mieux vaut tard que jamais surtout quand le dossier en question semble être ingérable du fait qu’ici le voleur est pris la main dans le sac.

Force est d’admettre que les arguments avancés par son camp frisent le ridicule, des arguments indigestes à dormir debout. Ils s’adonnent à un exercice de lavage à grande eau qui n’est pas de tout repos. Leur ligne de défense est toute trouvée mais elle semble abracadabrantesque. Celle-ci se décline en deux axes plus bancal et léger l’un que l’autre :

  • Faire de la distraction stratégique en parlant des questions périphériques afin de mieux amoindrir la centralité du débat.
  • Instrumentaliser la religion par une approche émotive.
    Généralement quand les positions sont chancelantes et l’argumentaire faible, la tentation est grande de se cacher lâchement derrière le registre émotif. Oui, à qui a faim tout est pain.

Et pour ce faire, ils n’ont pas cherché longtemps : ils comptent sur notre crétinisme et notre idiotie comme si quelque part on leur avait dit que le fait que nous avions accepté d’être dirigés par Macky Sall faisait de nous des débiles mentales ad vitam aeternam.

Oui, nous pouvons être naïfs et manipulables mais quand même pas à ce point. Accordez nous quand même un tant soit peu de bon sens et quelques bribes d’intelligence.

Vu la faiblesse de vos arguments qui ferait rire dans tout autre pays, il serait superfétatoire de s’y attarder outre mesure. Pour peu qu’on ait de la suite dans les idées, on se rend compte du désespoir qui dicte votre maladresse.

Au lieu de se livrer à dame justice dont la pusillanimité quand il s’agit de s’attaquer aux cols blancs est la seule constante qu’on lui reconnait, Aliou Sall n’a pas trouvé mieux que d’exhiber sa «foi» pour échapper à la loi. Ce serait là, un avantage déloyal qu’il aurait par rapport aux autres accusés qui n’ont peut-être pas un frère président mais qui ont un frère d’égale dignité avec le président et qui, aussi accusés qu’ils sont comme Aliou Sall n’en sont pas moins citoyens.

FACE A CETTE SURDITE PROFONDE ET A CET AVEUGLEMENT MANIFESTE QUEL DOIT ETRE LA REACTION DU CITOYEN :

L’idéal démocratique émane du rejet de la loi du plus fort et de la hiérarchie sociale au profit d’une des principes de justice et d’égalité. Pour ce faire le citoyen doit être à même de jouir de fait de tous les privilèges que lui offre un tel système sinon ce n’est que leurre illusion.

Dans cet ordre d’idée, il s’agira d’inviter les citoyens à refuser l’aplatissement devant cette vision éculée que certains appellent légaliste afin de proclamer la prééminence de la volonté populaire sur toute autre décision quelque soit l’institution qui la prend car toute institution tient sa légitimité du peuple qui seul est souverain.

Ceci dit, Il va falloir être vigilant, lucide et courageux et ne pas se tromper ni sur le sens ni sur les enjeux de notre combat. Ce combat ne pourra être gagné que dans l’union et la persévérance. Feu Lamine Gueye disait : «Un OUI n’a de sens que si celui qui le prononce, a la capacité de dire NON ». Nous disons résolument NON avec force car nous ne sommes pas d’accord de la société qu’ils veulent nous imposer. “J’aime la force, et de la force que j’aime, une fourmi peut en montrer autant qu’un éléphant.” disait Stendhal.

Tel est le prix à payer pour atteindre ce haut degré de démocratie qui seul permettra une société où la justice sociale ne sera plus que vain mot.

Les gouvernants qui ont le grand honneur et le redoutable privilège de nous gouverner doivent faire preuve de regain de lucidité. La relation commandement-obéissance ne peut s’exercer de manière harmonieuse que si ceux-là même sur qui s’exerce le pouvoir l’acceptent et l’intériorisent. C’est le fameux passage de la notion de légalité à la notion de légitimité. Sinon la légitimité politique ne s’en sortira pas indemne.

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