Lettre ouverte adressée à Monsieur Ousmane Sonko député-maire de la commune de Ziguinchor

Tout d’abord, je vous adresse mes vives félicitations, suite à votre récente et brillante élection à la tête de la mairie de Ziguinchor.

Je vous souhaite également une excellente mandature au regard de votre ambitieux programme dénommé « BUROK », le travail en langue Diola.

J’ai bonne conscience que vos projets vont amorcer enfin le véritable développement du Sénégal avec le modèle de l’économie sociale solidaire et l’intercommunalité que vous envisagez promouvoir pour la région naturelle de Casamance.

Mais le véritable objet de cette missive est tout autre.

En fait, j’ai  reçu à travers un panel Whatsapp de PASTEF votre première convocation adressée aux membres de votre conseil municipal pour délibérer sur 6 points.

Je me sens personnellement interpellé par rapport au 6 point relatif à la dénomination des rues de la ville de Ziguinchor.

Monsieur le maire, je suis d’avis qu’il est symboliquement important de renommer nos rues et infrastructures afin de nous reconnecter avec notre passé et nous-mêmes.

Sur ce, je vous suggère de revisiter profondément notre histoire commune, nous peuples Guinéo-gambiens et Sénégambiens comme diraient les professeurs Sékéné Mody Cissokho et Boubacar Barry. En tenant compte de votre souhait de renommer certaines rues de la commune de Ziguinchor, j’estime que certains personnages historiques de l’ancien empire précolonial du Kaabu notamment Dianké Waly Sané et Galène Sonko méritent d’être célébrés et montrés en exemple aux générations actuelles et futures pour leurs sens de l’honneur, de la dignité, de la bravoure, de la parole donnée et de la loyauté.

D’ailleurs, pour certains, le président poète Léopold Sédar Senghor s’est inspiré de l’hymne des Nianthio pour donner à notre armée nationale cette belle devise qui galvanise nos jambars sur le champ de l’honneur : « on nous tue mais on ne nous déshonore pas ».

Il faut signaler que les descendants de ces deux illustres Kaabunkés vivent essentiellement aujourd’hui en territoire Sénégalais depuis la fin tragique de l’empire du Kaabu vers 1864.

La vérité est que nous les Sénégalais, nous nous ne sommes pas assez appropriés de l’histoire du Kaabu comme il le faudrait. Au plan académique les recherches et études Kaabunkées sont très marginales.

De ce fait il y a une certaine méconnaissance de l’empire du Kaabu et de ses héros.

Par conséquent sur le plan de la mémoire collective il n’y a quasiment aucune infrastructure ou rue au Sénégal qui nous permet de nous remémorer concernant notre histoire commune de l’ancien empire du Kaabu.

Alors que nous sommes les principaux héritiers de l’histoire du Kaabu.

Primo beaucoup d’études montrent que l’histoire de l’État du Kaabu a démarré en territoire actuel du Sénégal sur l’axe Haute Casamance-Koussanar en passant les anciens royaumes gambiens du Wouli et de Niani.

Secundo une  bonne partie de l’ancien empire du Kaabu se situe dans l’actuel Sénégal hérité de la balkanisation.

Tertio les historiens reconnaissent quasiment tous que les descendants de l’élite Kaabunkée ont reflué vers la Casamance après le « Turban kélo ».

C’est que dire que, Monsieur le maire, les descendants du héros Toura Sané devenu Ibrahima Sané après sa conversion à l’islam sont quasiment tous des Sénégalais et des Ziguinchorois.

Quarto au plan culturel le Kaabu et ses fils ont été au « rendez-vous du donner et du recevoir » si cher au premier président de la République du Sénégal.  Car la kora et le kankourang sont bien l’œuvre des Kaabunkés.

Donc pour toutes ces raisons, Monsieur le maire je vous invite à immortaliser nos héros du Kaabu notamment Dianké Waly Sané, Galène Sonko, Toura Sané mais également Kansala, la capitale impériale.

Mamadou Lamine Sané, natif de Ziguinchor et descendant des Nianthio du côté maternel.
Historien spécialisé en Histoire moderne africaine et géographe spécialisé en Management des territoires.
Auteur du mémoire de Master « De l’origine des Ñancoo :quelques éléments explicatifs sur la piste du groupe Ouest-atlantique ».
Par ailleurs secrétaire administratif de la JPS nationale et coordonnateur de la JPS communale des Parcelles Assainies.

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