Les coopératives instruments pour le développement de notre agriculture(Ndiambé Thiam)

De par la réussite de la mise en chantier de coopératives viables nous allons apporter une solution aux nombreux problèmes qui se posent au monde rural. Elles ne pourront constituer des instruments qu’en rapport aux problèmes de fourniture d’intrants et matériels agricoles, du niveau d’implication des exploitations familiales dans la recherche de plus value à travers la transformation. Cette transformation peut être observée au niveau des produits agricoles mais également sur les infrastructures de stockage et de maitrise de l’eau. A travers les coopératives de tels objectifs peuvent être atteints pour les exploitants. La commercialisation, le financement et autres services feront partie des objectifs. L’actualisation du cadre juridique demandée par le chef de l’Etat lors du conseil des ministres du 23 Septembre 2020 interpelle les ministres concernés à une plus grande vigilance. Cette vigilance doit porter sur les causes d’échecs des organisations coopératives antérieurement mises en place dans les années 80. J’estime que leur mise en place prochainement doit privilégier l’initiative à la base et l’ancrage sociologique dans un espace géographique plus cohérent. En 1983, 57% des membres de bureau d’une coopérative ont également les charges de chef de villages, de conseillers ruraux ou de chefs religieux. Un véritable accaparement des fonctions

Des expériences reçues des dernières coopératives au cours des années 80 ont montré les limites de la mise en échelle de ces dernières sous l’initiative et l’impulsion des services techniques de l’Etat. En tout cas elles devraient provenir d’un processus de concertation claire qui leur fera sentir qu’il s’agit bien de leur propriété. Sous le socle d’un organes de gouvernance, nous estimons qu’il serait bien en dehors du bureau de la coopérative mis en place par le conseil d’administration élu par une assemblée générale de mettre en place un comité de contrôle autonome en charge de veiller au patrimoine logistique et financier de la coopérative. La séparation de l’organe d’exécution avec celui de contrôle assurera une meilleure transparence et gouvernance. Du système de production y a les semences qui occupent une place importante (revoir la pensée). En parallèle les coopératives pourront assurer leur production semenciere au même titre que les opérateurs. Cette préférence aura l’avantage de faire bénéficier aux producteurs les subventions octroyées par l’Etat et surtout d’assurer une qualité supérieure de semences. Le choix d’affecter la fourniture de semences aux coopératives fera économiser sur le transport. Les coopératives pourront également explorer la transformation en organisant les femmes dans ce sens. A moyen terme les coopératives chercheront à agir sur les productions céréalières en mettant sur pied des banques céréalières villageoises. Ce pas est franchi dans certains pays en Afrique de l’Est. La sécurité alimentaire combinée à une meilleure régulation du marché des céréales constituent un atout non négligeable pour les membres à travers les BCV (banques céréalières villageoises). L’effort à entreprendre dans ce sens apparait à nos yeux colossal compte tenu des années d’immobilisme et d’insuccès dans le monde rural. Cependant, il suffit d’avoir la volonté politique et une meilleure conceptualisation des futures coopératives.

Au cours de sa visite économique dans les régions de Kaffrine, Fatick et Kaolack le chef de l’Etat Mr Macky Sall a compris la nécessité de faire revenir les coopératives. Il a ainsi demandé aux ministres concernés de travailler sur l’actualisation d’un cadre juridique des coopératives. Effectivement il faut repenser à un autre cadre juridique qui prend en compte les nouvelles réalités paysannes, les mécanismes par lesquels on veut faire cheminer les ruraux avec leur participation. Définir un nouveau cadrage juridique suppose la participation des populations rurales si nous voulons qu’il soit en cohérence et en pertinence. Les échecs, les contre performance et les causes doivent être mis en repérage si nous voulons éviter que ces nouvelles coopératives aboutissent au même scénario d’aujourd’hui. Les approches pour la mise en échelle des coopératives doivent privilieger la participation et l’inclusion des populations rurales. Autant les contenus doivent répondre aux besoins de production, de transformation, de commercialisation et de sécurité voire d’autosuffisance alimentaire. Quand nous abordons la phase de la mise en chantier des organes de gouvernance et de contrôle des coopératives, il faudra mettre un accent particulier sur la collégialité. Dans la nouvelle perception des coopératives, doit transparaitre cette affirmation de l’auteur Joseph Ki Zerbo qui dit: « On ne développe pas, on se développe ».
Il se comprend à travers cette formule que la nouvelle orientation, visées et objectifs auront pour inclination l’atteinte du développement. L’actualisation du cadre juridique pour la réussir, il nous faut qu elle parte du monde rural et non des bureaux des ministères. L’Etat s’est trop contenté de cette situation alors qu’elle nous mènera nulle part imaginant le développement. Il nous faut faire bouger les lignes. S’il y’a la volonté politique et travaillant avec l’expertise requise avec les populations le succès serait garanti.

Ndiambé THIAM
Technicien agricole

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