Le point de départ d’une nouvelle ère

Et si le coronavirus était vraiment le point de départ d’une nouvelle ère ?

Nous vivons un moment dramatique dans l’histoire du monde et de nos pays. Le pire depuis la fin de la seconde guerre mondiale, chaque moment historique marque une ligne ferme (avant et après le coronavirus) d’où l’impératif de repartir, et par conséquent, il faut réagir et ramer tous dans la même direction. Conscients que la pandémie change tout et que, nous devons changer nous mêmes mais également changer de politique.

Nos pensées vont particulièrement à ceux qui ont perdu la vie, à la douleur de leurs proches, aux malades. Merci à ceux qui se battent dans les hôpitaux : médecins, infirmières, le personnel socio-sanitaire, bénévoles et auxiliaires, à la protection civile, aux forces de sécurité qui sont en ce moment les plus exposés.

Comme le dit l’adage,  » chaque chose malheur ou bonheur est porteur de leçon » ! Bien évidemment la situation est dramatique et nécessite un plan de riposte efficace et efficient.

Kant nous a expliqué que la philosophie doit répondre à trois questions : Que puis-je savoir ? Que puis-je faire ? Que puis-je espérer ? Le retour à la philosophie peut être un moyen de mieux comprendre ce qui se passe autour de nous. La philosophie devient un outil pour étudier, mais aussi pour la vie, pour tenter de gérer l’incertitude individuelle et collective. Après avoir analysé de fond en comble cette pandémie mondiale, essayé de savoir les causes et les conséquences de ce nouveau virus ; faire ce qui doit se faire au niveau individuel et collectif ; il ne nous reste qu’à espérer ! Espérer un nouveau départ pour construire et soigner les séquelles laissées par ce redoutable ennemi. Ensemble, il est impératif de regarder au-delà de l’émergence sanitaire et d’essayer de se projeter vers l’avenir en dégageant dès maintenant des priorités pour sortir de l’urgence sanitaire et éviter de se retrouver face à une crise économique et sociale sans précédent.

 Il y a beaucoup de choses à traiter rapidement, à commencer par un fort retour aux investissements publics dans le domaine de la santé, de l’éducation en générale, l’université et la recherche, l’innovation et l’environnement qui ont toujours été négligés mais qui constituent le fer de lance d’une nation.

Quelles sont les priorités pour un bon investissement public ?

L’histoire nous enseigne que l’avenir sort du passé même si en réalité la crise n’est pas encore finie mais il faut toujours se projeter vers l’avant sans attendre parce que justement les défis de l’époque nous attendent. C’est pourquoi nous devons définir des priorités pour un nouveau départ radical.

Comme priorités, nous tenterons de dégager des pistes de réflexion sur plusieurs aspects.

La participation : La démocratie et la confrontation sont des pratiques à valoriser même en état d’urgence ; à partir de l’implication massive des forces vives de la Nation dans tout processus de lutte et d’éradication de phénomènes néfastes. Nous avons besoin d’une relation forte et continue avec tous ceux en dehors des institutions qui contribuent à donner de la densité à notre démocratie.

Le système éducatif dans sa généralité : Ce moment historique nous a fait savoir que l’éducation de base revêt une importance fondamentale dans le processus de lutte contre l’émergence de nouveaux risques sanitaires mais également dans l’anticipation et la projection de lendemains meilleurs. Revoir le modèle très vétuste de notre enseignement, et qui parle de modèle, dit nécessairement le passage de cycle à cycle, de programme d’enseignement etc. 55% de la population sénégalaise a un niveau d’instruction très bas voire même élémentaire, c’est à dire chercher à enlever cette barrière qui est le principal facteur d’abandon chez les enfants, l’examen d’entrée en sixième. C’est inimaginable qu’un enfant de 12 ans fasse l’examen le plus important de sa vie à cet âge. Ce combat demande une sensibilisation et une conscientisation à travers des supports didactiques, l’émanation, l’approbation et la publication de décrets qui visent à modifier le quotidien de la population. Avoir une population instruite peut être un facteur déterminant dans ce processus pour comprendre parfois la gravité et les enjeux autour de cette urgence d’ordre mondiale.

Diminuer les effectifs pléthoriques dans les salles de classe et dans les amphis en construisant plus d’écoles et d’universités que d’arènes de lutte ou stades de football.

Pour ce qui concerne l’Université et la Recherche scientifique, il faut revoir les méthodes d’orientation et les cursus, pour donner aux étudiants la possibilité de choisir sur la base de leur capacité et centre d’intérêt, ce qu’ils veulent étudier. Il faut aussi accroitre l’investissement en créant des structures qui répondent aux normes (en quantité et en qualité), renforcer la fourniture en équipement de recherche et construire des laboratoires pour la pratique des théories acquises. Proposer des formations en relation avec le marché de l’emploi et créer des mécanismes d’insertion pour les étudiants diplômés est une nécessité.

Quel modèle de santé pour notre pays ?

Même si pour le moment le Sénégal est entrain de gérer au mieux cette pandémie au niveau sanitaire ; force est de constater que l’heure est de revoir nos priorités et favoriser un système sanitaire performant, qui donne place à la construction d’hôpitaux et à l’équipement de ces derniers. Il nous faut aussi avoir un personnel qualifié et assurer l’accès aux soins à tout citoyen. Le tout est de mettre l’humain au centre des préoccupations en matière de politique de santé parce que la situation que nous vivons est révélatrice d’une nécessité absolue d’avoir des infrastructures fonctionnelles et adéquates.

Innovations !

Il est temps de prendre conscience qu’il ne faut plus rien attendre des autres. La créativité et l’expérimentation doivent nécessairement être des leviers sur lesquels nous devons nous appuyer pour repartir et prendre notre destin en main, au lieu d’accepter d’être considéré comme des cobayes. Investir au profit du génie africain en général, mais celui local en particulier. Accompagner les initiatives locales comme la fabrication de masques artisanaux, des respiratoires artificiels. Prendre notre destin en main et na pas attendre de solution venant de l’extérieur

Environnement

En Afrique en général, l’environnement (la nature dans sa généralité) n’est pas trop bien protégé, et le braconnage, la déforestation, la forte urbanisation des espaces naturels, la pollution etc. contribuent à la dégradation de l’environnement. N’oublions pas que si ce n’était pas la crise sanitaire, on serait évidemment ici pour parler de réchauffement de la planète et de protection des espèces en voie de disparition. L’équilibre de l’écosystème doit être une priorité absolue parce que sa destruction pourrait être plus fatale que le coronavirus. En favorisant des politiques expansionnistes qui reviennent à considérer le développement durable comme un thème secondaire, niant une fois de plus l’urgence que la nature nous impose. Le monde sera sauvé s’il est en mesure d’apporter des réponses concrètes aux défis qui nous attendent pour un renouveau radical. Il sera sauvé s’il réussit à définir les politiques nécessaires pour un écosystème capable de restituer à l’humanité son investissement. « Mettre l’humain au centre de chaque décision plutôt que de satisfaire des intérêts de lobby et d’une certaine frange de la classe politique avec la création d’institutions budgétivores pour les recaser et oublier carrément où sont les priorités du moment. »

Cueillir la balle au rebond pour mieux repartir!

Ibrahima Lo
PASTEF SECTION BOLOGNA

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