L’Afrique, entre levée et coucher de soleil (Par Dr Cheikh Tidiane Dièye)

Levée du soleil sur le Niger, coucher de soleil sur l’océan indien, pleine lune ailleurs. Partout en Afrique, toujours pour l’Afrique. J’ai parcouru un long chemin. J’ai un aussi long devant, Dieu voulant. Chemin sinueux et cahoteux, peut-être; chemin difficile, sûrement. Mais chemin sûr qui mènera indiscutablement à bonne destination, peu importe les obstacles qui se dresseront devant. Ils seront tous franchis car rien ne résiste à la force des convictions, la grandeur des rêves et la foi en l’avenir.

C’est en s’enfonçant au cœur de notre continent, en allant au plus près de ses réalités, que l’on se rend mieux compte, tout à la fois, de ses défis immenses et de ses formidables possibilités.

Voilà maintenant 60 ans que la majorité de nos États ont accédé à la souveraineté internationale. La plupart n’en n’ont rien fait, hélas. Ils sont toujours à l’âge de l’enfance du développement par la faute de leaders politiques paresseux et incapables, qui cherchent maintenant à se donner bonne conscience en décrétant que leurs pays progressent vers l’émergence, alors qu’ils ont encore la tête sous l’eau. L’Afrique ne manque pas d’atouts. Elle regorge de compétence et déborde d’ingéniosité. Mais les talents sont ignorés, voire combattus. La médiocrité est promue. A la différence de nombre d’autres peuples, rien dans les pratiques de leurs dirigeants ne hisse les africains vers le meilleur, vers l’excellence. Si bien que tout les tire vers le pire.

Le moment est venu de changer de cap. Il est encore temps de faire le sursaut salutaire dont parlait le Professeur Joseph Ki-Zerbo. Il est temps de libérer la force motrice qui sommeille dans tant d’africains pour en faire le moteur de ce sursaut qui s’impose.

Non, l’avenir n’appartiendra pas à l’Afrique si nous nous bornons seulement à le dire. Il le sera lorsque nous le ferons. Sur plus d’une cinquante d’Etats, pas plus de 5 pays africains peuvent s’enorgueillir d’avoir épinglé leur nom sur les tableaux d’honneur pour avoir réalisé ici et là des transformations plus ou moins profondes et durables des structures sociales et économiques. La grande majorité vit encore dans les affres du sous développement, vivant et faisant vivre leurs peuples dans la honte et l’indignité consistant à tendre la main pour avancer alors qu’ils devraient être des ouvreurs de voie.

2020 doit donc être l’année des véritables diagnostics: qui sommes-nous; que ferons-nous pour nous-mêmes pour arriver là où nous voulons aller, réaliser ce qui est destiné. Que nous est-il permis d’espérer pour nos peuples, nos enfants et petits-enfants ?

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