La négligence des données statistiques, principal frein du développement de l’Afrique en général et du Sénégal en particulier.

Le covid-19 doit permettre aux états africains de comprendre que l’émergence doit nécessairement passer par une donnée aussi simple que le recensement. 

L’échec des multiples politiques de développement du Sénégal est inhérent à ce problème qui rend difficile la mise en œuvre toutes politiques publiques et même privées.

À quand remonte le dernier recensement officiel  de la population sénégalaise ?  C’était en 2013 ! Vous vous rendez compte c’était il y a sept ans (07 ans) c’est-à-dire près d’une décennie sans avoir de données fiables pour un pays qui aspire au développement c’est une anomalie. Mais c’est la norme au Sénégal puisque le gouvernement organise des recensements tous les 10 ans ou plus.

Nous savons tous que des  milliers de sénégalais sont sans actes de naissance donc inconnus des services étatiques 

Avec l’État d’urgence, l’application des décisions retenues par le président dans le cadre de l’État d’urgence suite à la crise du Covid 19 est toujours aussi problématique.

Quelles sont les familles qui doivent bénéficier des kits (sacs de riz, carton de savons 5 litres d’huile) ? 

Quels sont les émigrés qui ont droit à l’assistance de l’État du Sénégal ? 



La réponse à ces questions est quasi impossible pour les officiels du gouvernement c’est pourquoi il est nécessaire au sortir de la crise de réfléchir sur mes propositions suivantes:

  • Que l’état intègre dans les programmes du primaire au supérieur un chapitre sur l’importance du recensement. Je pense que c’est le seul moyen de rompre avec des mentalités d’une autre époque qui poussent beaucoup de nos concitoyens à se méfier des agents chargés de recenser les populations surtout en milieu rural.
  • Que toutes les communes du Sénégal ouvrent des bureaux de l’état civil dans tous les hôpitaux du pays. Cela permettra d’enregistrer tous les décès et les naissances.
  • Que l’on développe les centres régionaux des agences nationales de la démographie et de la statistique pour les permettre de mettre à jour les données au moins chaque mois.
  • Que l’on recense tous les travailleurs en exigeant la déclaration de leurs revenus…

Si le gouvernement qui ignore le coût du confinement avait actuellement des données sérieuses, il pourrait par exemple évaluer coût exact  d’un confinement général (national) ou partiel (régional).

En attendant, respectons les gestes barrières et prions pour qu’un antidote soit trouvé dans les plus brefs délais car la situation commence vraiment à se compliquer pour les millions de « gorgorlous » sénégalais.

Souleymane Mané professeur d’histoire et de géographie au Lycée Aline Sitoé Diatta d’Oussouye.

Partager

3 commentaires

  1. Très bonne analyse ! Un patriote engagé, l’un des initiateurs de la massification par l’action.
    Ces insuffisances des données statistiques impactes négativement sur la détermination des agrégats économiques : PIB, PNB…. C’est vraiment un problème de taille.

  2. Bonne analyse Monsieur Mane. En fait, le premier probleme c’est le non respect de certains calendriers qui, plus que simplement regis par la loi, sont obligatoires au titre de la constitution.
    Avant 2013, les trois derniers recensements avaient eu lieu, selon mes recherches en 1976, 1988, 2020 et 2013.
    Un regime qui organise les elections au gre de ses interets partisans et procede au recensement de la population quand il veut cure de bonne gouvernance. On ne peut attendre de ce regime qu’il developpe le pays.

  3. Lire « Un regime qui organise les elections au gres de ses interets partisans et procede au recensement de la population quand il veut n’a cure de bonne gouvernance ».

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *