La danse de minuit une (Par Léopold Sambardé FAYE)

Il ait des choses que l’étalement abrupt de mots ne permet pas de saisir. C’est en ce sens que ce texte imagé, exprime la désolation suite aux dernières manœuvres politiciennes de notre Président de la République. Elles portent le nom de réconciliation déguisée d’avec le père spirituel politique, de libération incomplète d’un adversaire de taille, mais aussi de l’instrumentalisation d’une assemblée nationale qui se fourvoie en tribunal de justice dans le masque de commissions parlementaires.

Nous nous doutons tous de l’objectif principal, qui apparaît être le maintien de la main mise sur les moyens du pays par une classe adepte de la reproduction sociale. Ainsi pour elle, il convient d’écarter tout obstacle.

La puissance maléfique mise en branle est ce qu’on peut nommer par  « les corbeaux mal lunés », qui aujourd’hui accroît son intensité dans la lutte contre toute voix discordante.

Toutefois, autant nous pouvons nous rabaisser par humilité, autant nous devons garder la tête haute dans la poursuite de cet idéal de vie commune pour une société plus juste.

Valse de minuit une,

Qu’elle fût longue. Et pourtant cette turbulente nuit paraissait enfin connaitre une accalmie. Les largesses du roi, sous la prunelle des sages, semblaient bénir une ère de bienveillance envers les gardiens de la cité. Ne serait-ce que pour un court instant, il nous a été donné de rêver.

« Au diable, les débats de bas fond décousus ». L’air semblait moins pollué. La brise, quant à elle, déposait enchantée son voile de douceur, sur les esprits en surchauffe.

Le lion auréolé se montrait ainsi sous un nouveau jour. Au pouvoir, il préférait l’autorité. Délaissant la puissance, il embrassait la conscience. Tout le monde s’était réuni pour saluer les dernières sorties du maître.

Une aube, d’un pas pressé, blanchissait la couche jadis noircie du ciel. Les rayons de ce soleil irriadièrent les visages qui s’en montraient joyeux. Étonnamment cette lumière avait quelque chose de bien trop généreux. En effet, son halo fût si intense qu’elle en devenait éblouissante.

Au loin, on pouvait sentir une ombre, encore invisible, se lever. Les aveugles ont beau ouvrir leurs yeux, ils ne voyaient pas. Les sourds avaient beau entendu, ils restèrent incrédules.

Un épais nuage de corbeaux mal lunés, cantonné sur un flan de la cité, entamait une valse mortifère. Le sort maléfique fut de nouveau jeté.

Concurremment, l’applause perdit de son intensité. Les chants devinrent moins audibles. En marche dispersée, la foule se disloquait. D’aucuns, têtes baissées, vaquaient à leurs occupations dans une parfaite indifférence. D’autres s’en retournaient à leurs retraites l’âme meurtrie.

Dans cette brusque dysharmonie, certains, restés immobiles, posent leur regard vers ce visage du roi. Fronts plissés, ils hochent la tête

Léopold Sambarde FAYE

Partager
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *