La culture du palmier, une pratique qui déboise nos forêts (Par Ansou SAMBOU)

La culture des palmiers en Afrique comme ailleurs dans le monde est en train de gagner du terrain et nécessite donc des milliers d’hectares de terres arables.

Pour ce faire, les sociétés et compagnies de production de l’huile de palme défrichent de vastes superficies forestières pour en faire des champs de plantation du palmier.

en Afrique centrale et australe par exemple, ou en Indonésie, ce sont des milliers d’hectares de forêts qui disparaissent chaque année pour laisser place à d’immenses plantations de palmier.

Vous l’ignorez peut-être, mais de nombreux hommes d’affaires connus pour leur tortuosité comme Vincent Boloré, ont investi dans cette monoculture à grande échelle dans plusieurs pays comme le Cameroun, le Togo, la Gabon, la Centrafrique la Guinée Équatoriale et la Guinée Bissau, la Côte d’ivoire, le Bénin, le Ghana, le Nigeria pour ne citer que ceux-ci.

Pourquoi l’huile de palme en lieu et place des huiles de colza, de soja ou de betterave etc?

Parce que le palmier pousse vite et produit énormément. La cueillette ou récolte se fait plusieurs fois dans l’année et l’huile de palme est riche en acides gras saturés. Ses coups de production sont 20% moins chers que ceux des autres et son stockage est beaucoup plus facile car elle ne perd pas ses propriétés organoleptiques (goût) mais aussi rend moelleux les produits alimentaires. Elle est présente dans près de 50% des produits alimentaires vendus en supermarché (pain de mie, pâtes à tartiner, biscuits, chips, margarine, céréales, lait pour bébé, plats pré-cuisinés, sauces…)

D’après les statistiques européennes, sa production a augmenté de 4 fois en seulement 20 ans, ce qui a participé activement à la déforestation, et donc au réchauffement climatique dans le monde.

Ces monocultures occasionnent l’utilisation abusive des réserves en eau, des engrais et pesticides néfastes pour l’environnement.

Elles ne poussent que dans les zones tropicales. Or, l’espace des terres agricoles disponibles étant restreint, c’est souvent par la déforestation qu’on libère la place nécessaire pour y disposer les nouvelles plantations et les infrastructures pour acheminer la production. Pour cela, on provoque des incendies qui rejettent de grandes quantités de CO2 dans l’atmosphère.

Quelques chiffres du rapport de  « Les Amis de la Terre » :

Entre 1966 et 2007, l’Indonésie a perdu 80% de sa couverture forestière qui représentait 75% du territoire au début de la période.

En Malaisie, entre 1985 et 2000, 87% de la déforestation est directement imputable aux planteurs de palmier à huile.

Aujourd’hui, on estime que 20% des émissions totales de Gaz à Effet de Serre sont directement dues à la déforestation, l’Indonésie est d’ailleurs devenue le 3e émetteur de gaz à effet de serre au monde derrière les Etats-Unis et la Chine.

Il faut que les africains se réveillent et mettent fin à ce massacre forestier qui se poursuit à pas de géants. Ce qui est inacceptable et incroyable dans tout ça, c’est que les enfants de moins de 16 ans et leurs parents travaillent toute la journée dans ces plantations pour ne gagner que moins de 500f par jour. Une exploitation humaine qui rappelle les années esclavagistes du 16ème siècle. Nos agriculteurs sont ainsi réduits au rôle d’ouvrier agricole ou de journalier.

Les ressources de notre continent sont en train de partir en fumée et nous restons aphones et inactifs face à cette situation génocidaire.

Réveillons-nous nom de dieu !

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