Journaliste tu es ajourné(e) ! (Par Abib DIOP)

-Mon ami(e), la constitution du Sénégal en son article 8 te garantit la liberté de la presse.
Pourquoi ne l’exerces tu pas ainsi?

-Cher frère, la charte des journalistes t’impose à promouvoir un droit à une information exacte, pluraliste et impartiale.
Pourquoi véhiculer des fake news ?
Pourquoi faire du journalisme partial ?
Pourquoi vouloir ternir l’image d’un honnête citoyen pour des raisons pécuniaires ?
Ressaisis-toi!

-Ma sœur(eh oui pour l’équité du genre), la loi n 2017-27 du 13 juillet 2017 te contraint à garantir un accès équitable des citoyens, partis politiques, des organisations de la société civile.. aux médias.
Pourquoi donnes tu la parole uniquement au camp du pouvoir? Qui est ce qui t’empêche de donner un droit de réponse à la partie adverse ? Revois ta copie « kou bax »!

Le code de la presse requiert de toi la production, le développement de l’information, de programmes et services de qualité contribuant à l’éducation, à l’épanouissement moral et scientifique.
Pourquoi t’entêtes tu à vouloir me distraire à tout prix? Au moment où je perds mon pouvoir d’achat, où un compatriote est embastillé pour une cause noble avec une injustice notoire car pour les mêmes faits, d’autres vaquent tranquillement à leurs occupations.
Pourquoi ne parles tu pas de la pollution ?
Pourquoi n’insistes tu pas pour l’autosaisine de la justice sur certaines malversations révélées au grand jour ?

-« Sama nite », la loi t’impose au respect de la dignité humaine, de la sensibilité des mineurs et de la vie privée des citoyens.
Pourquoi me sortir à longueur de journée, des images choquantes, heurtant familles de victimes et personnes sensibles ?
Pourquoi me parasites tu d’informations enfreignant la vie privée d’autrui?
Le buzz prime t-il sur la déontologie journalistique ?
La règle de la concurrence doit elle imposer une course à la primeur sans éthique?

-« Kou bax» comment as tu fait pour avoir ta carte de presse? Pourtant cet aspect est bien encadré par le nouveau code de la presse, qui t’impose à avoir un diplôme dans l’une des écoles de journalisme reconnues par l’Etat avec quelques dérogations pour les autres établissements, accompagnées de critères supplémentaires et contraignants. Tu es alors passé(e) entre les mailles du filet.
Avec ce nouveau code de la presse, tu passes d’un métier à une profession bien encadrée !
Rien n’est encore trop tard « Mbokk »!

Cette situation peut elle s’expliquer par l’effet déstabilisant de la précarité financière des organes de presse, te contraignant à des pratiques journalistiques équivoques ? Non le journalisme c’est d’abord un état d’esprit !
Comme disait Ollo Pépin Hien, on assiste à « journalisme dévoyé et fourvoyé » (2005 : 106)

Journaliste, tu es un élément central pour la stabilité et la cohésion de la Nation! Exerces ta mission, tout en gardant en bandoulière l’éthique et la déontologie !

« Kou bax » je t’ajourne ! Prends le comme une bonne opportunité de t’ériger en « missionnaire » du peuple et non en «mercenaire » contre tes concitoyens, qui incarnent la souveraineté!

Toi qui t’y retrouves, reviens moi l’année prochaine avec mention!

Abib Diop, pastef Suisse

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