Interview : Anna DANFA, Coordinatrice du Mouvement Jiggeni Pastef France

Le Mouvement Jiggeni Pastef France a mis en place son bureau, lors de l’assemblée générale qui s’est tenue le 7 Décembre 2019. Madame Anna Danfa a été élue coordinatrice du Mojip France lors de l’assemblée. Nous nous sommes entretenues avec elle :

Maimouna Dème  : Parles nous de ton parcours.

Anna Danfa Diémé : J’ai débuté ma carrière en tant qu’aide-soignante, après une formation dans le domaine de la santé. J’ai ensuite rejoint mon mari en France, et depuis 2004, je suis dans le monde des affaires, en tant que commercante. Je voyage en Asie ( Chine, Inde, Dubaï… ) principalement où j’achete diverse marchandises en gros, que je revends.

J’évolue également dans le milieu associatif. J’avais d’ailleurs créé une association, qui venait en aide aux enfants handicapés du Sénégal. Malheureusement à cause de contraintes personnelles, j’ai dû la dissoudre. Le handicap est une cause qui me tient à cœur, et qui me concerne, car une de mes filles est atteinte d’autisme, et je ne peux que m’émouvoir du niveau dérisoire de prise en charge des enfants handicapés au Sénégal, surtout lorsque je le compare avec celui qui existe en France.

MD : Qu’est ce qui a déclenché cette envie de militer pour Pastef ?

ADD :  C’est dans le cadre de mes activités associatives que j’ai côtoyé des militants du Pastef. Mise à part mon association, je suis également membre active de différentes associations qui viennent en aide aux femmes agricultrices dans le sud du Sénégal, aux hôpitaux et aux écoles.

Au début, j’avoue que j’avais beaucoup de réticence à rejoindre Pastef, car j’ai été très déçue par les différents gouvernements que le Sénégal a connu. Je me disais que tous les hommes politiques étaient pareils. Ensuite, mon beau-frère m’a sensibilisé aux principes et à l’idéologie du parti. Il a joué un rôle important dans mon adhésion à Pastef, je peux dire qu’il est à l’origine de mon engagement politique, car beaucoup de partis politiques m’avaient approchés avant, sans succès. Mon beau frère avait la conviction que je pouvais beaucoup aider à l’implantation du parti en France, plus précisément en Île de France.

Après avoir écouté le discours de Ousmane Sonko, mon mari et moi avons été séduits par les idées et les principes que prône le parti qu’il dirige. Je milite depuis lors pour le Pastef et essaye de jouer ma partition, afin de faire évoluer les choses dans le bon sens dans mon pays, et porter Ousmane Sonko au pouvoir.

MD :  Tu a été nouvellement élue en tant que coordinnatrice du Mojip France, quels sont tes projets ?

ADD : Au MOJIP FRANCE , nous avons beaucoup de projets à destination des femmes sénégalaises. Le Mojip étant un mouvement national, nous comptons dans un premier temps améliorer notre organisation et impliquer toutes les femmes de Pastef France.

La formation des femmes et leur accompagnement dans leurs activités entrepreneuriales sont nos principaux projets. Nous comptons également renforcer la massification afin de faire adhérer le maximum de personnes au parti.

MD : Selon toi, qu’est ce qui pourrait être fait pour intéresser davantage les femmes à la politique ?

ADD : Je trouve qu’au Sénégal les femmes n’occupent pas la place qui devrait être la leur dans les partis politiques. Elles sont souvent utilisées pour l’animation et la mobilisation des troupes, alors qu’elles pourraient avoir un rôle plus important. Désormais, il faut que les femmes soient plus responsabilisées, qu’elles portent des idées et pilotent des projets de développement. Elle doivent participer à la prise de décision, à la réflexion, et leurs idées doivent être prises en compte dans les programmes des partis politiques qui souhaitent gouverner.

MD : Ton vécu en France a-t’il influencé ta vision de la politique sénégalaise ?

ADD : Bien sûr, vivre en France a fortement influencé ma vision de la politique sénégalaise. Je souhaite à mon pays le meilleur de ce qu’il y a ici. En France les conditions minimales pour bien vivre sont garanties aux citoyens, et il est possible d’avoir la même chose, et même mieux chez nous. J’ai été confrontée aux problèmes liés à l’immigration, car j’ai eu à accueillir beaucoup de jeunes immigrés en difficulté. Cela m’a permis de constater les effets de la mal gouvernance qui sévit au Sénégal et dans beaucoup de pays d’Afrique.

D’autre part, je m’inspire de mon vécu en France pour mettre en place des projets au Sénégal.

MD : Quel regard portes-tu sur l’actualité politique sénégalaise ?

ADD : Il est navrant de constater que le Sénégal régresse sur tous les plans, y compris sur le plan de la démocratie, alors que le Sénégal était une référence dans la sous-région. Le coût de la vie est de plus en plus élevé, même l’électricité est devenue un luxe. Les populations souffrent, et pendant ce temps, les personnes au pouvoir et leurs alliés s’enrichissent. C’est désespérant, mais nous pouvons garder espoir, car on constate que les citoyens sont plus conscients des enjeux qui concernent le pays. Pastef a joué un rôle important dans cette conscientisation. Il nous faut poursuivre sur cette lancée.

Le pôle communication du MOJIP France

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