Education Nationale :  Un futur en ruine, entre incompétence et laxisme des dirigeants

Ce mardi 02 juin devait marquer la reprise des cours pour près de 500 000 élèves de CM2, de 3ème et de terminal à travers tout le pays. Une ouverture des classes à l’instar des amis de l’hexagone. Cette rentrée des classes, tant souhaitée par le gouverneur de la République du Sénégal a finalement laissé la place à une mascarade aussi grande que le Groenland. Comme si le décret fantôme relatif à l’honorariat des anciens présidents du conseil économique social et environnemental (CESE) et le supposé conflits d’intérêts autour de l’affaire AKILEE, filiale de la SENELEC ne suffisaient pas, l’apériste en chef est venu montrer à la lanterne des plus indécis, une tout autre facette de son habilité de président déconnecté des réalités du peuple qu’il gouverne. Toujours très inspiré, il se distingue par son talent à créer de potentiels scandales à coup de milliards, des bavures (signatures de contrats ou décrets à tout va), des écarts de communications, etc. Les discours du chef de l’État ou des ministres ne convainquent pas.

Chers, qu’attendre de plus de dirigeants fantoches avec qui rien n’est impossible même au plus haut sommet de l’État. La machine Fast Track est déraillée et engouffrée sous le poids de conducteurs à reculons.

La République aux manœuvres apéristes n’a plus d’heure, plus de vergogne. Un décret ou un arrêté ou un communiqué aussi grossier qu’il soit peut-être publié à tout moment. Alors que les sénégalais s’apprêtaient à vivre une énième rentrée des classes après la fermeture des écoles en raison du Covid-19. Un communiqué du ministère de l’éducation nationale signé le 01 juin à 23h40 est venu mettre fin à la comédie Républicaine. Comme un coup de sifflet de fin de match, le ministre TALLA s’est enfin résigné à reporter son projet de rentrée des classes à une date ultérieure. Un rétropédalage inédit de l’État après la grosse reculade sur la question des prières dans les lieux de culte.



Hormis l’heure tardive à laquelle le communiqué a été signé, rien d’autre n’a surpris les sénégalais(e)s au lendemain dudit document. Les motifs évoqués pour motiver la décision de reporter la rentrée étaient tellement évidents qu’ils sont passés pour de l’ironie. En effet, les spécialistes de la santé, les syndicats des enseignants, les associations des parents d’élèves, les élèves, tous avaient tiré la sonnette d’alarme dès les débuts des concertations concernant le projet de reprise des enseignements alors que les conditions sanitaires ne le permettaient. Bien avant la rentrée du 02 juin, les signaux entourant cette idée de reprise des cours étaient au rouge. Outre le scepticisme des acteurs de l’éducation, rien ne laissait présager une rentrée des classes normale permettant d’assurer à la fois la protection des enfants et des enseignants surtout que la pandémie se propage à une vitesse exponentielle. Dans ce contexte de pandémie, maintien et de respect des mesures barrières, il était d’ores et déjà inconcevable de forcer l’ouverture des écoles alors que toutes les dispositions relatives à la protection des populations scolaires n’étaient pas aux rendez-vous. 

Hélas, il n’y avait rien à faire face à l’entêtement du gouvernement, déterminé vaille que vaille à ouvrir les écoles comme l’a fait le maître colon français. Le forcing du gouvernement en place est nourri par une seule obsession : celle d’éviter une année invalide ou blanche. Rappelons que les écoles avaient été fermées en raison de la propagation rapide du coronavirus. Depuis lors, le covid-19 ne cesse de gagner du terrain et le pays connait de plus en plus de personnes contaminées et de décès. À ce jour, d’après la communication du ministère de la santé, le pays compte 3 836 cas positifs et 43 décès. 

L’incompétence, le laxisme et la médiocrité sont aujourd’hui les clusters du gouvernement. Incapable de ralentir la propagation du virus à défaut de le combattre, le commandant en chef a baissé les armes et reconnu sa défaite. Lors de son dernier discours (11/05) tant attendu par le peuple sénégalais, il a démissionné de ses prérogatives de commandant, de défenseur et garant des droits des populations. Les sénégalais(e) sont prié(e)s d’apprendre à vivre avec la maladie et de supporter les échecs répétés de son Excellence Macky SALL. Quant au plan de résilience, il est découpé et partagé aux plus fidèles partisans (per diem, honorariat, dessous de table, etc).

Pourquoi être surpris d’apprendre des cas d’enseignants testés positifs ? 

Aux vues du brouhaha dans lequel se sont organisés la logistique et le transport des enseignants vers leurs écoles d’affections, un tel scénario était plus que plausible. Les mesures barrières, n’étaient nullement respectées par les enseignants présents au point de rendez-vous convenu avec les autorités. 

Dans une République de valeurs qui se respecte, les ministres en charge des infrastructures, des transports terrestres et du désenclavement, de l’éducation nationale, de la Santé et de l’action sociale, de l’intérieur devraient tous démissionner. Le cas échéant, le commandant SALL devrait se reprendre et les relever de leurs fonctions. L’échec est assez cuisant pour être vain. 

Monsieur le président, le tâtonnement et le laxisme dont vous et vos équipes font fi de la situation plongent davantage le pays dans le chaos. Pour le peu de temps qu’il vous reste, sachez qu’il est encore possible de prendre place dans le cœur des sénégalais(e)s et ainsi occuper une place dans l’histoire de notre jeune démocratie. 

Pape Ndiamé GUEYE
Consultant Finance – Paris


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Un commentaire

  1. Ils voulaient faire du forcing car beaucoup de leurs enfants font le bac et ils ont besoin de ça pour aller continuer leurs etudes dans les pays occidentaux au contraire des enfants de badolo.
    Senegalais es tu conscient de tout ce qui se trame dans ton pays ?
    Desolant

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