Des primaires organisées par PASTEF (par Amadou Sow)

Dans le cadre des élections municipales prévues le 23 janvier 2022, le parti PASTEF organise des élections primaires pour le choix des candidats à la candidature.

C’est important de rappeler qu’il s’agit bien de candidatures proposées par les instances de base de PASTEF. Cela va sans dire que ces choix feront l’objet d’une étude, voire d’une compétition, selon des critères à établir, au niveau de la coalition Yewwi Askan Wi.

Il est évident qu’un parti qui laisse à ses militants le soin de choisir leurs candidats à la candidature d’une coalition réunissant plusieurs entités politiques, est prêt à faire les concessions et les sacrifices nécessaires pour un meilleur compagnonnage avec les autres membres de Yewwi Askan wi.

D’ailleurs, dans une circulaire émanant de l’Administration du parti, il est clairement mentionné que « les profils proposés ne sont pas nécessairement désignés candidats de PASTEF-Les Patriotes ou de sa future coalition ».

Les électeurs et les élus savent que ces compétitions intramuros ne sont qu’un moyen de faciliter le travail aux représentants du parti dans les commissions de candidatures de la coalition Yewwi Askan wi.

En outre, il convient de préciser que ces primaires entrent dans l’ordre normal des choses et sont conformes à l’esprit et à la lettre des textes du parti PASTEF.

On peut même dire qu’il est tout à fait naturel que ces genres de compétitions soient organisées pour le choix des candidats de PASTEF à la candidature de Yewwi Askan wi.

Toute autre démarche pourrait même être perçue comme une hérésie et engendrerait des difficultés beaucoup plus complexes que celles auxquelles nous assistons présentement.

Toutefois, il est impératif de ne point laisser glisser certaines irrégularités dans la démarche ou de reléguer l’organisation des primaires au second plan dans telle ou telle localité, au nom d’un consensus qui peut être perçu comme une compromission pour faire passer une candidature d’une femme ou d’un homme influent dans le parti.

Que PASTEF soit le précurseur de l’organisation de primaires (à distinguer de la parodie !) pour le choix de ses candidats est donc quelque chose de normal et de salutaire. Une telle pratique devrait être comprise comme faisant parti de son ADN, de ses principes essentiels, imprescriptibles.

Il est grand temps pour tous les partis politiques, organisations de la société civile et syndicats du Sénégal de s’inspirer des pays à démocraties matures, comme les Etats Unis et la France, pour ne citer que ces deux exemples.

En effet, dans ces pays, avant certaines élections importantes, des primaires sérieuses sont organisées pour départager les prétendants, dans des compétitions serrées.

Des débats télévisés, souvent houleux, denses, riches en enseignements, et très prisés des électeurs, des citoyens en général, sont organisés pour donner la chance à chaque candidat à la candidature de décliner librement et démocratiquement son programme.

Il arrive même qu’un candidat, parti comme outsider, renverse la tendance et devienne le favori, à l’issue de ces joutes oratoires.
C’est le cas de François Fillon qui arrive premier, à la surprise générale, devant le favori Alain Juppé, lors des primaires de la droite et du centre pour le choix du candidat à l’élection présidentielle française de 2017.

Aux Etats Unis, Barack Obama a fait la même en sortant vainqueur à l’issue d’une primaire âprement disputée contre Hillary Clinton et, par la même occasion, représenter les Démocrates à la présidentielle de 2008.

Ce qu’il y a de plus séduisant, c’est qu’après ces compétitions internes entre camarades de partis, tous les candidats et militants font bloc, dans une même équipe, pour faire gagner celui qui est sorti vainqueur des primaires.

En conséquence, les primaires sont à encourager, voire à systématiser dans un parti comme PASTEF qui a comme ambition de faire de la politique autrement.

Elles permettent non seulement de donner aux militants la latitude d’élire leurs représentants, mais également d’éviter les votes par acclamation, souvent hypocrites, parfois antidémocratiques, voire monarchisant et généralement sources de contestations chuchotées dans les oreilles des mécontents, au gré des complicités des uns et des autres.

Au sortir de cette étape cruciale relative aux préparatifs des prochaines élections municipales, il est nécessaire pour PASTEF d’évaluer sérieusement cette démarche novatrice à pérenniser, pour mieux organiser et harmoniser les pratiques, en tenant compte des spécificités de chaque élection.

Amadou SOW
PASTEF/MONCAP

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