Covid-19 : Seattle, Lyon, Marseille… les premières initiatives pour un vaccin

Les groupes pharmaceutiques et les laboratoires de recherche se sont lancés dans une course contre la montre pour trouver un remède contre le Covid-19et développer des traitements et des vaccins.

Les autorités sanitaires américaines ont indiqué le lancement du premier essai clinique pour tester un vaccin contre le nouveau coronavirus. Cela se passe à Seattle. L’ essai clinique devrait inclure la participation de 45 adultes volontaires en bonne santé âgés de 18 à 55 ans pendant environ six semaines. Le Docteur Lisa Jackson explique que « Le vaccin ne contient pas le virus en lui-même, mais un code génétique qui fait fabriquer à notre organisme une protéine pour nous immuniser ».

Cette semaine démarre à Lyon, dans le service des maladies infectieuses et tropicales de l’hôpital de la Croix-Rousse, un essai clinique destiné à apporter des réponses à la crise du Covid-19. Cette étude multicentrique doit inclure 3 200 patients hospitalisés pour des formes graves de la maladie en Europe dont 800 en France. Certains malades bénéficieront de la prise en charge actuelle, c’est-à-dire un traitement symptomatique (oxygénation, hydratation…), d’autres seront traités par association de plusieurs antiviraux qui ont fait déjà l’objet de plusieurs essais cliniques contre par exemple le SRAS et le VIH. Après six semaines de recherche, un laboratoire lyonnais aurait identifié un médicament capable d’agir sur les cellules respiratoires. Il pourrait être couplé avec un antiviral.

A Marseille, les équipe du Pr Didier Raoult ont annoncé les premiers résultats sur un essai clinique concernant 24 patients positifs au Covid-19, traités à la chloroquine. Selon le Professeur, au bout de six jours de traitement, « 75% des porteurs ont une charge virale négative ». Ces résultats marseillais ont été comparés à ceux des patients des hôpitaux d’Avignon et de Nice qui ne bénéficient pas d’un tel traitement. Selon toujours le Professeur Raoult, dans le même laps de temps, « 90% d’entre eux sont toujours porteurs du virus. »

Au début de l’épidémie, le Professeur Daouda Ndiaye, Chef des Service de Parasitologie-Mycologie de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar avait qualifié de pas crédibles les premières annonces du Professeur Raoult, le traitant de scientifique tatillon et de vendeur d’illusions. Alors, courses à la primauté sur la découverte, guerre des équipes et des laboratoires pharmaceutiques, ou tiraillement politico-industriel. Rappelons que la chloroquine est un antipaludique retiré du marché au Sénégal depuis 20 ans pour raison de perte d’efficacité.

En Chine, l’Académie des sciences médicales militaires, affiliée à l’armée chinoise, a reçu le feu vert des autorités chinoises pour lancer dès cette semaine des essais cliniques sur des cobayes humains. Le test chinois devrait concerner 108 volontaires, tous en bonne santé, et s’étaler sur une période de neuf mois et demi, du 16 mars au 31 décembre. Il sera conduit en collaboration avec CanSino Biologics, une biotech de Hong Kong.

Quoi qu’il en soit, nous n’en sommes qu’au début. Les patients devront patienter et être observés pendant plusieurs mois. Et même si tout se passe bien, ces essais cliniques, s’ils donnent un résultat positif, ne se concrétiseront pas avant un an.

Abdou SONKO

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