Covid-19 : Les transferts d’argent vont subir une baisse de 20% en 2020

La crise économique résultant de la pandémie du Coronavirus, qui a été observée au niveau planétaire, impacte sévèrement la capacité des migrants à envoyer de l’argent dans leur pays d’origine. Ces transferts de fonds qui représentent aujourd’hui au Sénégal plus de 1000 milliards de FCA, sont une source vitale de revenus pour le pays. Ils contribuent très fortement à la réduction des effets de la pauvreté, que ce soit dans nos grandes villes ou dans nos villages, dans la mesure où ils participent à l’amélioration du quotidien de nos familles en subvenant aides aux frais de nourriture, de soins de santé et de besoins de base, mais aussi pour les dépenses liées à la scolarité et à l’éducation de nos enfants.

Un récent rapport de la Banque mondiale[1] estime que ces transferts de fonds vont fortement chuter d’environ 20% en 2020, la plus forte baisse jamais observée. Une perte de ressources financières de base pour les familles vulnérables des pays à revenu faible et intermédiaire. Cette situation est causée par la crise économique liée à la pandémie du Covid-19 consécutive aux mesures de fermeture des frontières et de confinement des populations dans les pays d’accueil. La baisse des transferts vers les zones géographiques est plus forte pour l’Europe et l’Asie Centrale (27%) et plus faible pour l’Asie de l’Est et le Pacifique (13%) : elle sera de 23% pour l’Afrique subsaharienne.



Selon le même rapport, les transferts vers les pays à revenu faible et intermédiaire devraient atteindre 445 milliards de dollars. La cette baisse significative des transferts de fonds en 2020 intervient après un record de 554 milliards de dollars en 2019. Même avec cette baisse, les transferts de fonds restent une source externe d’entrées de capitaux très importante dans des pays à revenu faible ou intermédiaire comme le Sénégal où les Investissements directs étrangers (IDE) devraient subir une forte baisse.

Cette baisse prévue des transferts de fonds pour l’Afrique subsaharienne est à imputer à plusieurs facteurs liés à l’impact de la pandémie dans les pays où résident les migrants africains. Les statistiques de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) indiquent que la moitié émigrés sénégalais résident en Europe (essentiellement en France, en Italie et en Espagne). Les mesures prises dans ces pays pour lutter contre le Covid-19 affectent plus fortement les travailleurs immigrés. La raison est que, dans ces pays, la majorité des immigrés occupent des emplois non ou peu qualifiés, dans des secteurs qui sont aujourd’hui à l’arrêt (la restauration, le nettoyage, le bâtiment, etc.). Beaucoup d’entre eux ont des contrats précaires, ou exercent leur activité à temps partiel, avec de faibles salaires. Beaucoup d’entre eux pourraient donc se retrouver en 2020 en situation de baisse de revenus et dans l’incapacité financière d’aider leurs familles restées au Sénégal.

Cette situation et rend nécessaire, pour les immigrés, la volonté et le souhait et d’une reprise rapide des activités économiques dans leur pays d’accueil. En France ce sera plus tard que le 11 mai 2020 au vu des secteurs concernés par le déconfinement pour cette date.

Abdou SONKO


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