Covid-19, faire face aux urgences

Il n’y a que les montagnes qui ne se rencontrent pas, dit l’adage. Le président Sonko a affiché sa bonne volonté en allant répondre à l’appel du président de la république. La note positive, si on ose dire, de cette urgence sanitaire est d’avoir fait se rencontrer deux hommes que tout oppose. Deux hommes qui ont une approche tout à fait opposée de la chose politique.

Nous sommes tous appelés à nous battre contre un ennemi d’autant plus redoutable qu’il est invisible. Un ennemi dont personne, riche ou pauvre, n’est à l’abri. Toutefois, au nom de cette lutte, aucun blanc-seing ne doit être donné au président de la république.

Les audiences que le chef de l’État a accordées aux membres de l’opposition ressemblaient plus à des retrouvailles entre compagnons qu’à de vraies discussions sur l’urgence du moment. Exception faite à notre leader, personne n’a posé les bonnes questions.

Dans d’autres pays les dirigeants ont déjà pris des mesures économiques et sociales concrètes en faveur des populations les plus modestes. En Italie le gouvernement a mis sur pied un fonds de 4,3 milliards d’euros pour les communes et une enveloppe de 400 millions d’euros pour l’achat de denrées de première nécessité en faveur des plus démunis. Une aide plus consistante est accordée aux entreprises, institutions et structures de santé.

Nous n’avons pas, bien entendu, les moyens dont l’Italie, la troisième puissance économique européenne, dispose. Cependant plus près de nous, au Niger, l’État a décidé de prendre en charge, pour les mois d’avril et de mai, les factures d’électricité et d’eau pour les couches les plus vulnérables. Ce sont là des mesures concrètes que tant d’autres pays ne tarderont certainement pas à adopter.

Dans notre pays, les autorités, comme d’habitude, font dans la ruse et les tergiversations au lieu de prendre le taureau par les cornes. A part un état d’urgence assorti d’un couvre-feu, aucune mesure concrète en faveur des populations n’a été appliquée. Nous sommes même au regret de constater des bavures et des harcèlements de la part des forces de l’ordre à l’égard de personnes qui auraient violé le couvre-feu. Des violences et humiliations que beaucoup de citoyens n’ont pas manqué de dénoncer.

Au Sénégal nous notons, malheureusement, chaque jour une hausse des personnes positives au Covid-19.

Face à cette urgence sanitaire, il faut aller au-delà des simples mesures conjoncturelles ; nous attendons de l’État une réponse structurelle plus globale. Pour y parvenir il suffit d’une volonté politique et d’un élan patriotique de manière à inverser l’ordre des priorités. Nous n’avons pas besoin d’un TER (qui se fait toujours désirer) à 1.500 milliards, ni d’un stade de football à 150 milliards. Encore moins d’institutions aussi inutiles que budgétivores comme le HCCT ou même le CESE. On n’a pas non plus besoin de voter une loi d’habilitation à un satrape qui, en réalité, détient tous les pouvoirs. Les urgences sont ailleurs, car les Sénégalais sont entre le marteau du coronavirus et l’enclume de la pauvreté.

Mangue SENE
Pastef-Les Patriotes Rome

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