Cadre Casamançais, non! Usurpateurs politiques, Oui! (Par Sadibou Djiba)

 

Depuis quelques années, la notion de « cadres casamançais »s’est imposée au monde médiatique et à ses consommateurs sans qu’on sache réellement son contenu. S’il s’agit des privilégiés de la République, il faut être plus précis en les qualifiant de cadres politiques casamançais. La plupart d’entre eux ne sont devenus tels qu’après avoir accédé à un poste politique. Pourtant, tous les secteurs de la vie de la nation regorgent de fils de la Casamance qui sont des cadres au sens de l’acceptation du terme. Des hommes qui, en tout temps et en tout lieu, portent les valeurs cardinales de la société casamançaise : refus de réussite facile par la compromission, le travail promu au rang de sacerdoce, la vérité dans toutes les circonstances de la vie, l’égalité et la solidarité entre les citoyens. Tant que, dans son comportement quotidien, ces valeurs sont bafouées au profit d’intérêts crypto-personnels, le cadre est tout sauf casamançais. En plus d’avoir certaines compétences, le cadre doit être intègre, honnête et exemplaire. Or, dans le milieu politique sénégalais, depuis 1960, la négation de ces valeurs est de règle pour accéder aux postes de ministre, de directeur général, de président de conseil d’administration… et la conduite des affaires publiques en paie le prix fort. En atteste le phénomène de la transhumance politique qui est devenu un mode de conduite. Aujourd’hui, donner le nom de « cadres casamançais » sans précision, à ce groupuscule, exclut beaucoup de ses filles et fils de grande valeur, de cette société.

Revenons au communiqué des messieurs « cadres casamançais » sur la visite du président Ousmane Sonko à Ziguinchor.

Partir du bout de phrase « Macky Sall n’aime pas la Casamance et le Sénégal d’une manière générale », extrait d’un discours pour diaboliser le président Ousmane Sonko est malsain, honteux et en porte à faux avec nos us et coutumes. Vous avez, volontairement, oublié que devant des dizaines de milliers de militants, en pleine campagne, Ousmane Sonko, candidat à l’élection présidentielle, a déclaré, « on ne vote pas pour un candidat parce que vous êtes de la même ethnie, de la même région ou de la même religion, mais on vote pour un candidat parce qu’il a le meilleur programme ». un homme qui veut brûler le pays, comme vous le dites, n’aurait jamais tenu de tels propos au moment où il était plus facile de véhiculer son message. Avez-vous enregistré un discours similaire dans les « titres fonciers » du Sine et du Fouta du candidat Macky Sall ?

La posture du président Ousmane Sonko a toujours été de protéger le sénégalais d’en bas face au sénégalais d’en haut (une scission que les pouvoirs qui se sont succédé jusqu’à nos jours ont enfantée) en dénonçant la mal gouvernance.

Peut-on parler d’amour entre un peuple qui croupit dans la misère et un gouvernement et son chef qui spolient la République de ses biens chaque jour, chaque heure, chaque seconde ?

Peut-on parler d’amour entre un peuple maintenu dans la misère par des politiques sociales et économiques inadaptées et une caste politique qui baigne dans le luxe acquis aux frais de ses contribuables ?

Peut-on parler d’amour entre un peuple conscient qu’il est conditionné pour être un troupeau électoral et les tenants du pouvoir qui sont les acteurs de cette forfaiture ?

Qu’est-ce que la Casamance attend de vous ?

La Casamance et les casamançais attendent de vous des schémas de développement qui ont pour soubassements leur fond culturel, leurs valeurs sociétales. Comme dira l’autre, on ne développe pas son terroir avec la tête du voisin parce que l’histoire n’est jamais la même, les besoins vitaux ne sont jamais identiques.

La Casamance et les casamançais attendent qu’ils soient vaillamment défendus chaque fois que leur honneur est bafoué, mais vous avez été muets comme des carpes devant les diatribes du sieur Moustapha Cissé Lô contre la Casamance et les casamançais venus répondre à l’appel de leur parti à Ziguinchor, à la veille de la campagne électorale de la présidentielle de 2019. Etant un homme lucide, monsieur Lô s’est rendu compte, après la présidentielle, que dans toutes les contrées du Sénégal profond, il y a des hommes et des femmes « rebelles ». Sa rébellion n’est plus casamançaise, elle est nationale.

La Casamance et les casamançais attendent votre réaction contre les pourfendeurs qui qualifient Ousmane Sonko de rebelle puis de salafiste. Ce sont des propos discriminatoires fondés sur la région et la religion dans une République laïque. Ce sont des propos qui ne militent pas en faveur de la stabilité du pays et des valeurs de la République.

Les hommes politiques, surtout de la Casamance, habitués à des combines, ne se rendent pas compte que le peuple est devenu plus mûr qu’eux. La calomnie, la manipulation des consciences, les mensonges éhontés ne passeront pas. Il faut qu’ils se rendent compte que personne ne peut arrêter la mer avec ses bras. Chaque jour que Dieu fait, l’idéologie de Pastef et la crédibilité de son leader s’épanchent dans le peuple profond et la massification s’amplifie.

En dehors de notre appartenance à des chapelles politiques différentes, restons africains, sénégalais, casamançais, en rejetant les tares de la politique héritée de la colonisation. Les colons, pour se maintenir au pouvoir, cultivaient un état d’animosité permanent dans la société. Le mensonge, la manipulation des consciences et la délation ne peuvent plus être des recettes gagnantes en politique.

Sadibou DJIBA

Coordonnateur départemental de Pastef Sédhiou.

Le don de soi pour la patrie, j’y crois.

 

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