Soif d’émergence…

Voilà quasiment sept années que le Président Macky Sall a été élu à la magistrature suprême.

Au regard du parcours de l’homme, j’ose croire qu’il était mieux placé que quiconque pour prendre connaissance et conscience du prégnant problème d’approvisionnement de l’eau à Dakar et dans le reste du pays…

L’eau est une ressource vitale. Cela coule de source. En priver son peuple est assurément une abomination…Et voilà ce que le Président Macky Sall et son gouvernement ont commis. 

L’excuse de l’augmentation de la population à Dakar est fort ridicule. Faudrait -il leur rappeler leur rengaine habituelle qui ne masque que trop mal leur limites managériales : « gouverner c’est prévoir »? Car Macky Sall, ancien ministre ayant occupé plusieurs portefeuilles successifs, ancien Premier Ministre, ancien Président de l’assemblée nationale a gouverné et avait aussi la responsabilité de prévoir et d’anticiper sur les solutions idoines. Il a surtout , depuis 2012 la possibilité d’agir…

Après deux années d’errements avec le défunt Yoonu Yokuté tout a été question d’urgence chez le Président de la République (PUDC, PUMA), sauf la prise en charge de la fourniture de l’eau courante dans la capitale et dans le reste du pays. 

L’urgence, il faut le noter, a été exacerbée par la hantise de la promesse neuf fois faite au Sénégal ou depuis l’étranger de réduire le mandat de 7 à 5 ans et jamais respectée (quelle indignité! Mais l’histoire retiendra…) et la convoitise d’un second mandat qui aura justifié toutes les brimades, toutes les violations et tous les détournements pour se constituer un trésor de guerre en perspective de 2019.

L’image d’une citerne et d’une queue formée d’hommes, de femmes et d’enfants qui attendent leur ration d’eau quotidienne quoiqu’habituelle est bien déchirante. Elle résume, à elle toute seule, le bilan de 7 ans de gouvernance conjointe Faye-Sall qu’un mot suffit à décrire: ÉCHEC. J’en ai été choqué et outré encore aujourd’hui aux parcelles assainies. Qu’ont-ils fait pour mériter ce traitement me suis-je dit en passant ?

Je n’avais pas cherché de réponse à cette question. Je croyais ne pas en avoir. Mais une voix intérieure me dit  » Diomaye, 

  •  sur ces terres il y a exactement un an, un homme, un fonctionnaire qui n’a connu d’autre métier ailleurs que dans l’administration est venu y louer un hôtel entier, a distribué des billets de banque à profusion et a récolté des applaudissements et des votes qui permettent encore de perpétuer ce malheur…
  • et malgré les 32 milliards injectés dans une arène nationale, les 39 milliards du building administratif, les 56 milliards du centre de conférence Abdou Diouf, les 1200 milliards du TER etc.
  • il suffira pour beaucoup d’entre eux de quelques mètres d’un tissu de peu valeur ou d’un t-shirt pour que, la soif à gorge, le mal être dans le corps qui n’a pas pris de bain et peut-être même la faim dans les entrailles, ils aillent voter pour les mêmes chats mêmes chiens : les hommes du système… ceux-là mêmes qui se prévalent d’une expérience dans la gestion de l’Etat mais qui ne sont même pas en mesure de fournir de l’eau courante (je ne dis même pas potable) à la capitale de notre pays. Et ils ont le culot de nous promettre l’émergence… pour étancher notre SOIF D’ÉMERGENCE….

Bassirou Diomaye Faye
Membre du COPIL
Coordonnateur Provisoire du Mouvement des Cadres Patriotes

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