Le temps de la justice politique

Ce temps est à distinguer de celui de la Grande Dame coquette qui peut se dandiner à souhait, parce que faisant l’objet de toutes les convoitises.
Au Sénégal, les dossiers concernant des personnalités politiques, religieuses et du monde artistique de grande envergure, ont toujours été traités à la tête du client, selon les accointances ou déconvenues du concerné avec le pouvoir en place.

De nos jours, le dossier relatif à l’affaire communément appelée Sweet beauty est un exemple parfait des liaisons dangereuses entre l’exécutif et le judiciaire.

C’est Macky Sall qui nous en donne la preuve par des déclarations sans équivoque, suivies de décisions de justice qui ne rassurent pas les citoyens.

En effet, le président a très tôt annoncé les couleurs, en affirmant sans sourciller avoir étouffé certains dossiers en y « posant son coude ».
Le 31 décembre 2020, devant des journalistes de la presse nationale, Macky Sall revient à la charge, en révélant directement l’existence d’une caste d’intouchables au Sénégal, autrement dit, des personnes au-dessus des lois de la République.
Les exemples sont nombreux pour étayer la thèse selon laquelle la justice sénégalaise sous Macky est tout sauf indépendante.

Les derniers développements de l’affaire Sweat beauty sont à ranger dans le lot des faits qui montrent que le temps de la justice sénégalaise est intrinsèquement dépendant de celui de la politique, notamment des rapports de force en présence.
Tout le monde sait que la réouverture, comme par magie, de cet épineux dossier, ne rentre pas dans l’ordre normal du temps de la justice.
Tout porte à croire que le réveil soudain du nouveau doyen des juges est provoqué par une main « invisible ».

Nous avons tous constaté que tout s’est déclenché à la suite du concert d’entretiens qu’Adji Sarr a accordés à une certaine presse internationale.
La sortie du 02 mars de la plaignante a déclenché une réaction particulièrement ridicule du l’UMS qui s’adresse directement au leader de PASTEF, Ousmane Sonko.

Un « syndicat », plutôt une Association ou une Amicale de magistrats qui s’exprime à la première personne !

Cela prouve à suffisance que le communiqué ne concerne que son auteur ou un groupuscule qui décide de parler à la place de toute une corporation.

N’oublions-pas le communiqué du Ministère des affaires étrangères qui fait une grave immixtion en affirmant que Sonko n’a pas le droit de sortir du territoire national.

Voilà que quelques jours après, Maham surgit du néant et veut se prendre au sérieux en convoquant Ndèye Khadi Ndiaye, la propitiatoire du salon Sweat beauty.

Dans la même foulée, une certaine presse nous informe de la convocation du leader de PASTEF.
Au bout du compte, on veut nous faire croire que nous sommes dans le temps normal de la justice.
Qui est naïf?

Amadou Sow
MONCAP

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