Le «Nouvel Ordre Mondial» (Par Souleymane Mané)

La réflexion sur ce que sera le monde post-Corona nous amène, presque de force, à poser la question de savoir en quoi la pandémie aura influencé la dynamique de recomposition du système-monde que l’ère des « émergences » spectaculaires notées ça et là avait déjà clairement amorcée?

On ne soutient donc pas que la Chine ainsi que cette foule de puissances émergentes qu’elle couve dans son sillage, vont de facto s’installer sur le toit du système-monde, reléguant ainsi les puissances occidentales au second plan. Mais il est certain que la marche de la Chine vers le sommet, concomitamment avec cet essoufflement économique de l »occident dans des domaines qui furent jadis sa chasse gardée, ne sera que renforcée et accélérée au sortir de cette pandémie.

Il est vrai maintenant que les cycles de recomposition, notamment en géopolitique prennent souvent bien plus de temps que certains le pensent. Toujours est il que les faits tendent à prouver de façon indéniable que nous sommes depuis déjà assez longtemps entrés dans ce cycle.

Il est tout aussi clair que, l’exercice du pouvoir politique en Chine ainsi que le niveau de développement humain présente des points sombres qui rendent difficile la tache scientifique de comparaison de son modèle à ceux qui sont reconnus comme des modèles types de développement et qui nous sont, dans la quasi totalité des cas, fournis par les pays occidentaux là aussi avec certaines zones d’ombres…

Quoi qu’il en soit, l’évolution actuelle de la pandémie, le fait qu’elle ait déstructuré en si peu de temps les systèmes sanitaires et rendus si impuissants les pouvoirs publics des pays occidentaux dont on disait que la seule véritable différence avec la Chine était le développement humain qui prend justement en compte le paramètre sanitaire, sont autant de faits qui devront nous amener à nous interroger sur le sens et la réalité scientifique des indicateurs de développement( IDH, PIB, PNB …)
Pour terminer, la Chine et certains pays africains ont quand même le mérite d’avoir une économie bien moins ‘extravertie » que l’essentiel des pays émergents; c’est d’ailleurs l’un des vecteurs de son actuel succès.
Pendant ce temps l’Afrique continue de privilégier la lutte , le vol , la danse , les cérémonies religieuses futiles et traditionnelles très dispendieuses et sacrifie l’éducation ,la santé ,la recherche scientifique et la défense.

Inutile de vous dire quelle place sera sa place dans ce «nouvel ordre mondial ».

Souleymane Mané professeur d’histoire et de Géographie au Lycée Aline Sitoé Diatta d’Oussouye.

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Un commentaire

  1. Félicitations Mr Mane pour cette reflexion pertinente. Vous avez tout a fait raison, l’Afrique helas, se revelera encore un simple spectateur ou, pire, la victime de cette recomposition a venir. Mais c’est a nous de passer de l’etape de l’analyse froide et de la prise de conscience individuelle, j’allais dire de l’elite, a celle de la conscience collective -celle des mases- et de l’action. Aujourd’hui par exemple nous vivons cette rumeur de l’experimentation d’un vaccin contre le COVID-19 en Afrique, l’affaire enflamme les reseaux sociaux, mais nos autorites n’ont toujours pas, sauf erreur de ma part, ni confirme ni dementi l’information. Nous aurons atteint l’etape de la conscience collective dont je parlais plus haut, et nous nous serons en defintive places sur les rampes du developpement, quand les populations descendront dans de telles situations dans la rue pour demander des explications, et quand elles se debarasserons de leurs gouvernants des la premiere occasions. Ce ne sera pas facile, mais c’est le propre de tout changement profond. Nous devons y croire et nous investir sans relache pour cela.

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