Jeudi Noir N°81 : Pour sortir les peuples africains de la pauvreté, laissez la « nature » faire son travail

Fin d’année choc-ola chaud, bouillant même ! Va-t-on un jour pacifier le front social dans ce bled ?

J’entends un ancien premier ministre parler comme un inculte : L’ état doit être fort et le montrer en matant cette rébellion ! Mais de quelle rébellion s’agit-il ? Parle-t-on de manifestants sans armes ? Par ailleurs est ce cela un état fort ? Comme c’est réducteur !

Notre Etat n’a jamais été aussi faible qu’aujourd’hui avec une justice qui a fini de désespérer les citoyens, des politiciens devenus des dealers invétérés, le règne de la terreur et des « bras longs », la loi de la pagaille généralisée dans les maisons et dans les rues…et j’en passe ! Un gouvernement qui fait du sur place en mode tango : un pas en avant, deux en arrière, un coup à droite et un à gauche, pendant que la situation se dégrade de jour en jour. Comment ne pas penser à une chienlit institutionnalisée.

Désormais même le coeur du pouvoir se donne en spectacle, comment ne pas être inquiet de la fragilisation évidente de nos institutions ? Voilà un modèle quasi achevé d’Etat faible ! Même le discours n’a plus de consistance : on nous explique que la « hausse » de l’électricité n’en est pas et que l’arrêt des subventions servira à financer l’électrification rurale… mais là où le bas blesse est qu’un Etat responsable aurait planifié ce « noble » projet et informé à temps les populations de la « solidarité » attendue d’elles !

Dans le meilleur des cas c’est un pilotage à vue, mais malheureusement l’annonce d’une prochaine baisse dans le premier semestre 2020 vient encore mettre a terre cette tentative d’enfumage. En effet il faudrait maintenant qu’on nous dise quelles performances rapides auront été réalisées dans l’électrification rurale pour l’arrêter en si bon chemin !

Non, arrêtez de nous faire prendre des vessies pour des lanternes, c’est bien le FMI qui vous a mis les taquets, Kristalina Georgieva s’en est d’ailleurs gargarisé dans sa dernière interview à Jeune Afrique. Elle affirme : « ces subventions profitent plus aux riches qu’aux pauvres et encouragent la consommation d’énergies fossiles… » puis plus loin  » l’Egypte a réduit ses subventions de 6% du PIB à 3% libérant des fonds pour l’éducation, la santé et les plus démunis… »

Question : dans quel monde est-elle ? Ce doit être un monde parallèle ! Comment ne fait-elle aucun lien entre les coûts de l’électricité et l’inflation ? Comment ne voit elle pas qu’au contraire ce sont les pauvres qui sont les plus grandes victimes de cette hausse ? Comment ne voit elle pas que de toutes façons la production d’électricité ne basculera pas pour autant vers les sources renouvelables ?

Décidément les gens du FMI sont vraiment des aliens ! OYIMA de la BGFIBANK a bien raison de conclure, avec dépit, « aucun pays au monde ne s’est développé grâce au FMI ». Maintenant que l’on en est tous convaincus, qu’attend-t-on pour stopper ce machin ? De même qu’il faudra bien stopper la CPI qui, avec l’affaire GBAGBO a presque fini de faire pitié. Là où je suis d’accord avec Kristalina, c’est quand elle affirme que l’Afrique n’a pas besoin d’un modèle Asiatique ou autre pour son développement. Cependant il faudra une conscience internationale, soutenue par les masses populaires de tous pays, pour qu’enfin on laisse les Africains régler leurs problèmes entre eux. Il faut arrêter d’interférer honteusement dans leurs échéances démocratiques internes et l’on verra bientôt éclore de nouveaux peuples, de nouveaux dirigeants plus talentueux.

L’ Afrique et le Sénégal bien sûr ont plus que jamais besoin de ces changements quand on voit les périls monter plus vite que les atouts. Notre population est certes jeune et nous avons des richesses de sols et de sous sols mais notre jeunesse est désœuvrée et s’adonne aux voyages clandestins quand elle ne se livre pas à la drogue ou au banditisme armé.

Vous, occidentaux n’en sortirez pas indemnes car vos côtes resteront un eldorado toujours plus attrayant et plus ou moins poreuses. Vos populations vieillissantes finiront par baisser la garde et se faire envahir par des hordes incultes et sans métiers, mais toujours promptes à trouver des méthodes pour atteindre l’Europe. Vous pourrez alors bientôt signer votre propre acte de déclin.

La solution, qui n’est pas à quémander, elle est unique : sortir les peuples africains de la pauvreté, leur donner de l’instruction pour qu’ils puissent trouver chez eux les voies et moyens d’y vivre. Pour y arriver, laisser juste la « nature » faire son travail. Elle se chargera de nettoyer la mauvaise graine pour planter les bonnes semences. La Guinée, la Cote d’Ivoire, le Mali, le Sénégal et tous ceux qui réclament une monnaie « CFA » libre n’ont au final aucun autre objectif que le développement par un changement radical de paradigme et une remise en question de nos propres comportements. C’est à mon sens une raison nouvelle d’espérer.

Sur cette note positive, je vous souhaite à tous de bonnes fêtes de fin d’année et, j’espère de meilleures résolutions à nos dirigeants pour la gestion de ce pays en 2020.

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