Jeudi Noir N°71 : Errance au sommet de l’Etat

En république on ne fait pas comme on veut, il y a des règles fondées sur le droit. Et même les monarchies constitutionnelles sont des états de droit qui répondent à des règles de justice sociale à fortiori quand le dirigeant est élu.

Les nombreux errements notés dans les décisions gouvernementales de ces derniers jours ne sont pas des indicateurs d’une bonne gestion, en témoigne ce décret présidentiel raté de nomination d’un nouveau Directeur Général de l’IPRES. Raté car le président avait « oublié » que le choix de ce dernier se fait par le Conseil d’Administration ! Malheureusement les « erreurs » sont fréquentes à travers des grâces octroyées illégalement, mais aussi par des décisions contradictoires et rapprochées telles que le retour du Visa supprimé il y a juste trois ans avec pertes (plus de 12 milliards remboursés à Adama Bictogo) et fracas, par le retrait récent des ASP des services de la Police (ce que presque tout le monde avait prédit dès la création de cette structure batarde), la décision de revoir prochainement la Constitution après nous avoir présenté celle de 2016 comme une « pépite » et peut-être selon les rumeurs un retour imminent du poste de premier ministre, moins d’un an après sa suppression ?!

Tout cela ressemble à de la valse… hésitation. Un coup en avant, puis un coup en arrière. Le pire est qu’on nous sert toujours une explication dernier « cri » pour justifier ce sur-place tout en nous berçant d’émergence. Nul besoin de sortir des grandes écoles pour comprendre que l’on nous endort et on fait de la gestion à la petite semaine plutôt que dans le stratégique.

Je me demande si le point de vue du FMI relativement au futur niveau de contribution du pétrole et du gaz dans notre économie – qui ne dépasserait pas 5% du PIB malgré l’importance des quantités trouvées – ne serait pas issu du constat de notre incapacité atavique à développer des stratégies gagnantes ! Bien évidemment si les intérêts personnels nous invitent aux « petits » calculs alors bonjour la corruption et ses conséquences incalculables pour la société.

Au finish chers dirigeants, rappelez vous, vous serez immanquablement parmi les victimes de cette roulette russe, quand vous serez minimisés dans les grandes rencontres internationales, quand vous vous soignerez chez les autres comme de vulgaires sans domicile fixe, quand vos biens seront saisis en occident et que l’on vous traitera ici et là bas de tous les noms de saligot…

La solution c’est maintenant : un ressaisissement radical ! Il faut arrêter ce cinéma qui ne nous mène nulle part. Que les différents pouvoirs constitutionnels fassent leur travail le plus proprement possible en ayant leur indépendance et que stoppent les situations de complaisance.

Valorisez la compétence ! Ici désormais même la police se plaint de recrutements et d’avancements de complaisance, voyez vous cela ?! Avez vous vu la qualité désastreuse de nos infrastructures et les coûts de non qualité qu’elles génèrent ? Les réparations en tout genre sans compter les incidences sanitaires plombent davantage notre déficit budgétaire. Si nous mettions nos « vrais » cerveaux dans la conception, mais aussi dans l’exécution des projets et programmes nous aurions bientôt des villes, des routes des ponts esthétiques, solides et assainis, des hôpitaux bien équipés et maintenus, des écoles non inondées et bien gérées pour l’avenir de nos enfants…

Revoyez la distribution des responsabilités et controlez l’exécution des programmes afin de sanctionner les mauvais gestionnaires. Il est inadmissible par exemple de voir encore de nos jours des attributaires de marchés publics à milliards qui n’ont ni les références requises, ni les compétences intrinsèques.

Et demain notre fameuse Assemblée Nationale, animée par on ne sait quelle ambition partisane poursuivra sa plénière (inutile) sur le thème des 94 milliards… mais a-t-on idée du ridicule de cette réunion au moment où le doyen des juges s’est approprié du dossier ?

Un pays qui ne respecte pas ses propres règles finit par marcher sur la tête, c’est là le triste sort qui nous afflige.

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