Jeudi Noir – N°45 (Par Bruno d’Erneville)

Fin du dernier gouvernement de Macky I. Doit on y verser une petite larme ? Même pas. Certes ils ont bien travaillé pour le maintien du pouvoir de leur mentor, mais à quel prix ? Il n’y a pas de quoi pavoiser, car à part des constructions il n’y a eu que déconstructions !

Notre démocratie ne ressemble plus à rien, nous sommes la risée des pays comparables et le découragement semble général chez nous. Notre président lui, se bunkerise et, s’il ne redresse pas la barre il finira par être dans sa tour d’ivoire, effrayé à l’idée de faire face aux populations. La solution est une : créer les conditions d’une croissance vigoureuse et impérativement l’accompagner d’un mécanisme de redistribution des richesses. Pour ce faire les réformes doivent s’engager sans plus tarder :

1/ revue du code général des impôts pour créer les incitations fiscales nécessaires, mais pour dissoudre aussi l’informel qui déstabilise nos PME par une concurrence déloyale qu’elle induit;

2/ assouplissement du Code du travail pour plus de flexibilité, afin d’accroître fortement la proportion de CDI (contrats à durée indéterminée) mais surtout de CDD (déterminée).

Car ce sont en effet par ces contrats que nous permettrons aux employés l’accès au bulletin de salaire, aux droits sociaux et aux financements durables. Cependant il faut une politique globale s’appuyant sur les investissements publics mais aussi sur nos PME, coopératives et GIE dont les activités doivent être soutenues et protégées sur toute la chaîne de valeurs. Mon rêve restera toutefois d’oser la transformation structurelle du monde rural. C’est également le grand projet de retour de la diaspora qui susciterait un engouement pour l’initiative privée, une relance de la consommation locale et surtout une forte création d’emplois stables.

Evidemment l’un des nombreux préalables sera de réorganiser l’administration, de la moderniser en remettant à plat aussi bien l’organigramme que les procédures (pour ne pas dire les processus). Cette étape sera à mon sens la plus ardue des réformes. Cependant elle sera très certainement la plus determinante, celle qui doit ouvrir les voies de l’essor economique du pays. Sans cette étape réussie toutes les autres initiatives seraient vaines.

Pour réaliser cette prouesse, Macky a-t-il d’autres options que de se séparer de ses dinosaures du BBY ? Ces derniers qui ne connaissent que les calculs politiciens et la fuite en avant seraient encore un boulet qui aggraverait la situation sociale du pays? Si WADE, au-delà des dérives éthiques a pu réaliser des investissements ayant pour vocation de rattraper 40 ans de retard « socialiste », c’est bien entre autre parce qu’il a su se défaire de l’ emprise de ces barons.

Désormais le président Macky SALL n’a plus de raison de maintenir un attelage politique qui s’est avérée inefficace du point de vue programmatique et ce, malgré son efficacité politique. En effet, ce mandat, s’il se trouve légitimé par le peuple, ce qui n’est pas gagné d’avance, ne pourrait être « sauvé » qu’après un bond qualitatif et quantitatif sur le plan économique et pourquoi pas sur le plan institutionnel et démocratique.

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