Dépassement du PIC épidémique : amalgames ou réalité (Par Henri Pierre NGOM et Mamadou DIOP)

Depuis quelques jours, il est agité l’idée d’un ralentissement de l’épidémie voire un dépassement du pic. Il convient de rappeler que ce dernier correspond au moment où le nombre maximum d’individus sous traitement est atteint. Il correspond à une réduction importante et durable des nouvelles contaminations . On peut l’appréhender à travers le graphique ci-apréès de deux manières :
• Quand la courbe jaune (nombre d’actifs) commencera à former une cloche, le haut correspondant au pic ;
• Ou quand l’allure de la courbe en bleu (cumul des cas confirmés) deviendra horizontale, on parle alors de l’effet plateau.
La valeur des 177 cas enregistrés le 11 mai, correspondant au pic JOURNALIER A CE JOUR atteint et les guérisons plus importantes que les nouvelles contaminations de ces derniers jours constitue une lueur d’espoir. Cependant, l’allure de la courbe appelle à la prudence surtout au vue des derniers événements (Korité, Manifestations, Ouverture du transport interurbain, Reprise scolaire avortée…)
Par ailleurs, l’évolution hebdomadaire de l’épidémie, montre une progression en dents de scie, à partir de la semaine 10 de l’épidémie (du 04 mai au 10 mai). En effet, on est passé de 527 nouveaux cas durant la semaine 10 à 771 pour la semaine 11, soit une moyenne de 110 cas par jour. Ce chiffre a chuté jusqu’à 567 (81 cas par jour en moyenne) pour la semaine 12 avant de remonter à 598 (85 cas par jour en moyenne) pour la semaine 13 (du 25 mai au 31 mai). Pour la présente semaine la moyenne journalière est de 98, plus grande que ceux des deux précédentes semaines. De plus, le nombre de cas graves dans les centres de traitement a plus que doublé entre la fin de la semaine 10 et celle de la semaine 13, passant de 7 à 18 cas graves. Ceci semble remettre en cause la tendance baissière de l’épidémie déjà annoncée pour justifier la levée de certaines mesures.
La semaine du 23 mars, marquant, l’instauration de l’état d’urgence, le nombre de nouvelles contaminations journalières en moyenne était de 11 cas/jour. A ce jour où il est noté l’assouplissement presque de toutes les mesures il est de 98 cas/jours soit 9 fois plus. Ce qui amène à se questionner sur les évidences qui guident les décisions des pouvoirs publics. Ceci, d’autant plus qu’entre le 11 mai et aujourd’hui, le nombre de districts sanitaires touchés est passé de 33 à 50 sur les 79 que compte le Sénégal, soit une progression de 51,5%.
Ainsi, est-il, évident que l’heure n’est pas au relâchement et il faudrait davantage insister sur le respect strict des mesures individuelles car même si le pic était déjà atteint, on ne serait pas à l’abri d’une deuxième vague de contaminations comme ce fut le cas avec la grippe espagnole en 1918-1919.
Henri Pierre NGOM (STATINFO), Mamadou DIOP (ENSAE).

 

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