Cote d’Ivoire : Alassane Ouattara renonce au 3e mandat, un coup de grâce au Ni-Ni ?

« Je voudrais annoncer solennellement, que j’ai décidé de ne pas être candidat à l’élection présidentielle du 31 octobre 2020 et de transférer le pouvoir à une jeune génération. » C’est la déclaration faite par Alassane OUATTARA sur son compte Twitter. Le Président Ivoirien justifie sa décision, dit-on, au nom du respect de ses engagements.

Le président français Emmanuel Macron est l’un des premiers Chef d’état à saluer la décision d’Alassane Ouattara de ne pas briguer un 3e mandat, déclarant lui aussi sur son compte Twitter : « Je salue la décision historique du Président @AOuattara_PRCI, homme de parole et homme d’État, de ne pas se présenter à la prochaine élection présidentielle. Ce soir, la Côte d’Ivoire donne l’exemple. »

Au moment où j’écris ce texte, j’ai été consulter le compte Twitter du Président Macky Sall et celui de la Présidence de la République du Sénégal : aucune allusion à Alassane Ouattara. Peut-être à cause de la mise en quarantaine gouvernementale depuis hier à la sortie du conseil des ministre. Peut-être qu’au fond, il n’apprécie pas le geste de Ouattara et qu’il pense que le gouvernement de la Côte d’Ivoire risque désormais de ne plus travailler d’ici les élections présidentielles, dans 7 mois.

Personnellement je salue cette déclaration et je pense qu’elle doit être relayée jusqu’au fin fond du Fouladou et au dernier village du département de Matam. D’une part, le Président Alassane Ouattara n’a fait que suivre ce que la constitution ivoirienne lui impose, ce qui est normal. D’autre part les africains et leurs dirigeants doivent renouer avec ce qui relève de la normalité. Le respect de la parole donnée et des textes constitutionnels relève de cette normalité. Enfin, la Côte d’Ivoire donne l’exemple.

Le Président Ouattara sortira donc par la grande porte, mais il est attendu puisque qu’il doit organiser des élections libres, justes et transparentes. Il est d’autant plus attendu qu’il a déclaré avoir l’intention de modifier la constitution.

Peut-on se réjouir d’une telle décision qui modifie les règles du jeu démocratique à 7 mois des élections ? Est-ce pour favoriser un dauphin choisi à l’avance, un membre du clan familial ou un « choix » de la France ? Est-ce pour barrer la route aux éternels opposants que sont Guillaume Soro et Laurent Gbagbo en introduisant une limite d’âge qui les écarterait d’office ? Dans tous les cas, le timing choisi pour faire l’annonce et la « jeune génération » citée pour « transférer » le pouvoir légitiment ce questionnement.

Wait and See !! Le contenu de cette réforme constitutionnelle en Côte d’Ivoire nous en dira plus, mais dans tous les cas, c’est au peuple de décider qui occupera dans 7 mois le fauteuil présidentiel. Normalement !!

Abdou SONKO

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